"ll faut que les moyens soient mis pour soigner les gens correctement" : le personnel d'un hôpital psychiatrique au bord de la rupture

Les syndicats de l'hôpital psychiatrique Marchant, à Toulouse (Haute-Garonne), ont déposé un préavis de grève illimitée, à partir de ce vendredi 17 mai. Ils dénoncent les conditions de travail, en constant sous-effectif, de l'unité gériatrique du jardin des silos.

À l'hôpital Marchant de Toulouse (Haute-Garonne), l'orage ne passe pas. Les syndicats SUD et CGT ont déposé un préavis de grève à durée illimitée, qui débute ce vendredi 17 mai 2024. À l'origine de cette protestation, le personnel du jardin des silos, une unité de soins gériatriques accueillant des usagers atteints de pathologies psychiatriques avec des comorbidités en lien avec le vieillissement. Ils dénoncent des conditions de travail dégradées par un absentéisme, des sous-effectifs et des roulements horaires difficiles.

Réclamer "de nouveaux moyens" 

La goutte qui a fait déborder le vase "déjà bien plein", selon Frédérique Petit-Pignot, infirmière au jardin des silos, c'est "l'absence de la validation de nos congés d'été et le refus des mensualités de remplacement". Chaque soignant du service travaille, en temps normal, un week-end sur deux. Sans effectifs supplémentaires pour les remplacer lors de leurs congés, ce sont leurs collègues qui doivent prendre le relais, et ainsi parfois enchaîner plusieurs week-ends à la suite. 

Après l'annonce du préavis de grève, il y a une dizaine de jours, les salariés ont été reçus par la direction. Ils maintiennent néanmoins leurs revendications. "Comme à chaque fois que nous parlons de nos difficultés, on nous propose toujours des réorganisations internes, raconte Frédérique Petit-Pignot. Mais ce sont de nouveaux moyens que nous réclamons. Il faut qu'on nous entende." 

Le serpent qui se mord la queue

En 2018 déjà, à l'ouverture du service, le personnel a tout de suite alerté sur le trop grand nombre de lits pour un nombre de soignants insuffisants. "Avec cette grève, nous dénonçons nos conditions de travail, mais aussi les répercussions que ces sous-effectifs constants ont sur les patients, rappelle l'infirmière."

Il faut que les moyens soient mis pour soigner les gens correctement.

Frédérique Petit-Pignot

Pour elle, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. "Les gens s'épuisent, le travail est contraignant lorsqu'il manque du monde. En parallèle, les difficultés de recrutement sont énormes, justement parce que les circonstances sont difficiles", conclut-elle. 

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