Médecine : une semaine pour informer et lutter contre l'endométriose

Marche contre l'endométriose le 26 mars 2018 / © MAXPPP/VALérie Vrel
Marche contre l'endométriose le 26 mars 2018 / © MAXPPP/VALérie Vrel

C'est une des premières causes d'infertilité : l'endométriose touche une femme sur 10; depuis 15 ans chaque année, une semaine européenne est consacrée à l'information et à la prévention de cette affection. Plus tôt elle est diagnostiquée, plus grandes les chances d'éviter une solution chirurgicale.

Par Yann-Olivier d'Amontloir

L'association EndoFrance organise du 2 au 8 mars - comme chaque année à Toulouse et dans tout l'hexagone - la 16ème semaine européenne consacrée à l'information et à la prévention de l'endométriose.
Cette affection est la deuxième cause d'infertilité en France et elle touche une femme sur 10. Plus tôt elle est diagnostiquée, plus grandes sont les chances d'éviter une solution chirurgicale.
Son dépistage se base sur des examens, au premier rang desquels l'IRM et la coelioscopie, et son traitement est prioritairement hormonal.

L'endomètre c'est la muqueuse qui tapisse l'utérus chez la femme en âge de procréer. Elle s'épaissit au début de chaque cycle menstruel, pour être en mesure d"accueillir un ovule fécondé et permettre sa nidation.
Ensuite, elle s'assèche et est évacuée au moment des règles.
Mais chez une femme sur 10, cela ne se passe pas aussi simplement : l'endomètre ne s'évacue pas correctement, et vient boucher les trompes, voire envahir les ovaires, provoquant non seulement l'infertilité mais aussi des douleurs bien plus fortes que celles de règles habituelles.
Elles atteignent leur paroxysme au moment de l'ovulation, juste avant les règles et pendant les règles.

Les 2 obstacles au dépistage et au traitement de l'endométriose sont :
  • la banalisation
  • les tabous.
Banaliser, c'est dire - ou se dire - que les règles douloureuses c'est normal, que les femmes sont beaucoup moins douillettes que les hommes, etc.
Le tabou, c'est - surtout pour une jeune fille juste pubère - la crainte ou la honte d'en parler à sa mère, à ses copines, à l'infirmière scolaire, à son gynécologue...
Le samedi 28 mars prochain à Paris aura lieu la 7ème "endomarch" contre l'endométriose. / © MaxPPP
Le samedi 28 mars prochain à Paris aura lieu la 7ème "endomarch" contre l'endométriose. / © MaxPPP

Outre cette semaine européenne d'information et de prévention, dont la première édition a eu lieu en 2005, une "marche mondiale contre l'endométriose" existe depuis 7 ans : l'endomarch aura lieu le samedi 28 mars prochain à Paris dans le 15ème arrondissement.

Il faut le faire savoir, l'endométriose n'a de bénigne que le nom : non seulement elle touche 1 femme sur 10, mais 50% d'entre elles sont contraintes de prendre plus de 20 jours d'arrêt de travail par an.
C'est aussi l'une des principales causes de l'absentéisme scolaire chez les jeunes filles.
C'est une question de santé publique !

Il y a 20 ans on mettait en moyenne 10 ans à diagnostiquer une endométriose ; aujourd'hui ce délai est de 7 ans : nous souhaitons le ramener très vite à 5 ans

explique le professeur Pierre Léguevaque, chirurgien gynécologue et spécialiste de l'endométriose à la clinique Pasteur à Toulouse.

Dans le chef-lieu de la Haute-Garonne, 3 associations militent pour le dépistage, la prévention, et l'information des femmes sur l'endométriose. Elles se mobilisent particulièrement pendant cette semaine européenne.

L'objectif de cette campagne d'information et de sensibilisation, c'est d'inciter les jeunes filles et les jeunes femmes en âge de procréer, à se faire dépister dès qu'elles ont le moindre doute : des périodes de douleurs intenses en milieu ou en fin de cycle menstruel - au point d'être parfois invalidantes - une "stérilité" inexpliquée alors que l'on souhaite concevoir un enfant.

Progressivement les tabous sont levés, la parole se libère, et des personnalités - nationales et régionales - s'engagent dans la lutte contre cette affection.

La meilleure solution c'est de passer une IRM ; elle est beaucoup plus précise qu'une échographie, laquelle ne peut détecter l'endométriose que lorsqu'elle a atteint les ovaires.

Eviter la chirurgie

Bonne nouvelle à propos de la coelioscopie, l'autre forme d'examen - plus invasive - qui consiste à introduire une caméra endoscopique dans la zone pelvienne, pour détecter la présence d'endomètre au mauvais endroit et au mauvais moment : elle s'accompagne toujours de l'insufflation de gaz carbonique via une incision effectuée dans l'abdomen de la patiente, mais désormais le praticien s'attache à chasser au maximum ce gaz à la fin de l'intervention (sous anesthésie) pour réduire au minimum les douleurs sous les clavicules, qui ont si souvent tiré des larmes et traumatisé les patientes.
Dans les cas les plus aigus seule une intervention chirurgicale sous coelioscopie permet de résoudre une andométriose. / © MaxPPP
Dans les cas les plus aigus seule une intervention chirurgicale sous coelioscopie permet de résoudre une andométriose. / © MaxPPP

Dans les cas les plus poussés, seule une intervention chirurgicale - sous coelioscopie - permet d'éliminer l'endométriose, mais seulement en dernier recours.
Bref, toutes les raisons incitent à un dépistage le plus précoce prossible, et les deux principaux signes pouvant faire suspecter une endométriose - fortes douleurs gynécologiques et infertilité inexpliquée - doivent inciter toutes les femmes qui en sont victimes à penser à bénéficier d'un dépistage par IRM.

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