NENGO, l'exposition qui donne la parole aux victimes d'abus sexuels en Afrique centrale et prolonge l'action de terrain

Jusqu'au 17 septembre, le musée toulousain des Abattoirs propose NENGO, sa nouvelle exposition. NENGO est le nom d'un projet d'aide menée en République centrafricaine par la Fondation Pierre Fabre pour aider les victimes de violences sexuelles pendant les conflits. Témoignages, photos... cette exposition nous raconte leurs histoires et leurs combats.

NENGO, cinq lettres qui signifie "Dignité" en langue régionale de la République centrafricaine. C'est le nom choisi par la Fondation Pierre Fabre pour son projet de prise en charge des victimes de violences sexuelles en zones de conflit. Un programme d'aide qui a inspiré la nouvelle exposition NENGO du musée des Abattoirs à Toulouse.

Des récits de victimes

Ce vaste programme d'accompagnement mené à Bangui a pour but de redonner leur dignité à des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qui ont été victimes de violences sexuelles à cause de leur genre dans les zones de conflits. Depuis son démarrage en 2020, le projet NENGO a aidé plus de 5000 personnes.

Directement inspiré du travail de la Fondation à Bangui, le musée des Abattoirs a donc décidé d'exposer quinze témoignages de victimes de violences sexuelles et de soignants recueillis à Bangui. Des paroles, des récits tout en dignité avec beaucoup de résilience qui forcent le respect et qui sont accompagnés de photos et de portraits.

Illustrés par le photo-reporter Nick Danziger

C'est sous l’objectif du photo-reporter Nick Danziger que l'on découvre ces témoignages. Grâce au projet NENGO, il a pu rencontrer ces hommes, ces femmes, ces familles et ces soignants. Il a recueilli leurs histoires, photographié leur quotidien.

Il livre ainsi des récits avec beaucoup de délicatesse. Malgré la difficulté de certains témoignages, Nick Danziger parvient à faire jaillir le courage et l’espoir d'une dignité retrouvée.

Ce photographe, réalisateur engagé et écrivain de voyage a reçu de nombreux prix prestigieux, dont le World Press Photo en 2004. Il a passé ces vingt-cinq dernières années à photographier les personnes les plus défavorisées dans le monde et collabore régulièrement avec de nombreux magazines comme le Times, Paris Match ou Elle.

"Une culture du silence"

Cette exposition dévoile aussi d’autres réalités comme les conséquences des inégalités femmes-hommes et de genre dans la vie quotidienne, au sein des familles, et notamment dans l'accès à l’éducation. Les difficultés d'accéder à des soins gynécologiques et obstétricaux pour les victimes et le rejet par leur communauté sont un écueil supplémentaire, sans parler du parcours très difficile pour ces femmes pour obtenir justice et réparation. 

« La violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde. Elle ne connaît pas de frontières, qu’elles soient économiques, sociales ou géographiques. À l’échelle mondiale, on estime qu’une femme sur trois sera victime de violences physiques ou sexuelles au cours de son existence. Bien que la violence basée sur le genre mette en péril la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie de ses victimes, elle reste entourée d’une culture du silence (…) » rappelle l’UNFPA, l'agence directrice des Nations Unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive.

Lutter contre ces violences sexuelles

Grâce au soutien de la Fondation Pierre Fabre, l’exposition « donne la parole aux survivantes et prolonge l’action de terrain pour informer le plus grand nombre et nous inciter à devenir tous activistes contre les violences basées sur le genre  » espère Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre Fabre.

Cette exposition NENGO a débuté le mercredi 19 juillet et sera accessible jusqu'au 17 septembre à la galerie des publics des Abattoirs. 

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