Olivier Ciappa : “Toulouse n'est pas une ville homophobe”

Le photographe Olivier Ciappa / © MaxPPP
Le photographe Olivier Ciappa / © MaxPPP

L'auteur de l'exposition photo sur l'homosexualité et l'homoparentalité dégradée à deux reprises ces derniers jours à Toulouse annonce qu'elle va être déplacée dans un nouveau lieu dans la ville rose. 

Par Fabrice Valery

Choqué mais déterminé, le photographe Olivier Ciappa, dont l'exposition "Les couples imaginaires" sur les grilles du Grand Rond à Toulouse a été dégradée à deux reprises a indiqué à France 3 Midi-Pyrénées que l'exposition allait être déplacée dans un lieu "avec encore plus de visibilité et sur des panneaux deux fois plus grand".

Depuis Los Angeles où il travaille actuellement, il nous raconte sa réaction à ces agressions et défend l'image de Toulouse dans le monde. 

France 3 : Olivier, quelle a été votre réaction à ces dégradations à Toulouse ?
Olivier Ciappa : Ce que cela m'inspire surtout, c'est qu'il faut continuer car on a maintenant la preuve que ceux qui font cela ne veulent pas que ces photos soient pas vues. Or quand on voit les réactions dans la presse où sur les réseaux sociaux, dans le monde entier, cela donne envie de se battre contre cela et de montrer ces photos au plus grand nombre.

Ce n'est pas la première fois que votre exposition, qui a été montré ailleurs, est dégradée ?
Non, mais elle a été vue dans plein de pays dans le monde depuis 3 ans et il n'y a qu'en France qu'il y a des dégradations, comme ça a été le cas à Paris en 2013. 

J'éduque la rétine des homophobes"


 

Pourquoi continuer à montrer ces photos dans des lieux publics ?
Parce que ce sont leur vocation. Il s'agit d'une exposition publique parce qu'elle s'adresse à des homophobes. Or les homophobes ne vont pas aller dans une galerie ou un musée pour voir ça. Il faut donc qu'ils saisissent ces images là où ils sont et même s'ils n'en ont pas conscience. J'éduque leur rétine. S'ils doivent changer, ils ne s'en rendront pas compte. Mais quand on évoquera le sujet, par exemple, de l'homoparentalité, ce n'est plus l'image de deux hommes avec des plumes accompagnant un enfant à l'école qui s'imposera dans leur esprit, mais celle d'un couple paisible comme sur mes photos. 

Que pensez-vous du fait que l'image de Toulouse, après ces dégradations, soit associée à l'homophobie ?
Ça me fait de la peine pour Toulouse, qui est une belle ville. J'ai vu sur les réseaux sociaux que des gens font le rapprochement entre ces faits et la participation de Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, à la Manif pour Tous. Mais on sait qui a dégradé ces photos. Ce sont 5 ou 6 personnes. Or des extrémistes religieux, il y en a partout. Pas qu'à Toulouse ! Toulouse n'est pas une ville homophobe.

Toulouse et son maire ne sont pas homophobes"


Vu des Etats-Unis, ça donne quoi ?
Les journaux américains m'ont interviewé sur les dégradations à Toulouse. Et puis en faisant des recherches sur internet, ils ont trouvé que le maire avait participé à des marches de la Manif Pour Tous. Même si je sais que beaucoup de personnes qui se sont battues contre le mariage pour tous étaient homophobes, je sais que le Maire, lui, ne l'était pas ! Sinon Jean-Luc Moudenc n'aurait jamais accepté cette exposition. C'est au contraire quelqu'un de très ouvert.

Les photos seront réimprimées en deux fois plus grand et exposées dans un lieu avec encore plus de visibilité"

Alors qu'allez vous faire maintenant ?
Nous venons de décider, avec la mairie de Toulouse, d'imprimer les photos en deux fois plus grand pour les exposer dans un lieu public où elles auront encore plus de visibilité avec des caméras de surveillance. Ce que les homophobes auront gagné ce que ces photos seront vues par encore plus de monde à Toulouse. Je vous l'ai dit : il faut continuer."

Propos recueillis par Fabrice Valéry

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