Pôle emploi : des annonces douteuses pointées du doigt par un député LFI de la Haute-Garonne

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Écrit par Sardain Claire .

Faut-il tout accepter pour ne plus être au chômage ? C'est la question soulevée par un député LFI de Haute-Garonne. A l'heure où l'Assemblée Nationale étudie la réforme de l'assurance chômage, Hadrien Clouet pointe chaque jour du doigt des annonces relayées par Pôle emploi.

Sur le site de Pôle emploi à Toulouse, il y a le meilleur et le pire. L'organisme, censé trouver du travail aux chômeurs, publie des annonces issues de sites privés, pour certaines illégales pour d'autres douteuses. Un député de La France Insoumise pointe du doigt ces pratiques.

Des annonces "étonnantes"

Un CDD de 2 heures sur une seule journée, un intérim de 36 mois sans formation associée, alors que la loi le prévoit, ou encore un CDI de 4h par jour payé au Smic mais avec 10 heures de coupure au milieu. Voici quelques unes des annonces que pointe du doigt aujourd'hui le député de la première circonscription de la Haute-Garonne, Hadrien Clouet. 

Chaque jour, l'élu LFI publie une de ces annonces sur son compte Twitter. 

Pas la faute à Pôle emploi

"Le problème ne vient pas directement de Pôle emploi, nous confie Hadrien Clouet. Depuis 2012, l'organisme est astreint à la transparence du monde du travail. Il est donc contraint de publier les annonces qui proviennent des sites privés, comme "Le bon coin", "Indeed" ou encore les groupes Facebook."

Résultat : on trouve désormais en ligne des annonces parfois illégales ou douteuses, mais plus souvent inacceptables pour un chômeur à la recherche d'emploi. 

Car sur les 12 millions d'offres d'emploi répertoriées sur le site officiel de l'organisme public, seules 20% sont publiées directement par Pôle emploi après avoir été contrôlées. 

Dumping social ?

La question du travail, Hadrien Clouet la connait bien. L'universitaire toulousain a fait sa thèse dessus il y a 10 ans et il ne voit pas la situation s'améliorer. 

Hadrien Clouet pointe du doigt les dangers de ces annonces. Un chômeur qui donnerait suite, enchaînerait les contrats précaires et finirait par revenir à Pôle emploi. Un coût certain pour l'assurance chômage. Mais pour Hadrien Clouet, il y a pire : "si aujourd'hui on met la pression sur les chômeurs pour qu'ils acceptent ces offres, on nivèle le marché du travail par le bas et on donne des débouchés aux pires des employeurs. Ça s'appelle du dumping social."

Réforme de l'assurance chômage

Dans le cadre de la discussion sur la réforme de l'assurance chômage à l'Assemblée Nationale, le député LFI a d'ailleurs déposé deux amendements, visant à éviter ces dérives.

Le premier demandait l'obligation pour Pôle emploi de contrôler toutes les annonces postées sur son serveur. Le second visait à suspendre l'obligation pour les chômeurs d'accepter une offre, à partir du moment où 1% des annonces de Pôle emploi seraient illégales. 

Les deux amendements ont été rejetés. L'étude du projet de loi sur l'assurance chômage touche à sa fin à l'Assemblée Nationale. 

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