Première mondiale pour Airbus qui ravitaille en vol un avion militaire de façon entièrement automatique

Airbus vient de réaliser la toute première opération de ravitaillement en vol entièrement automatique avec un F-16 de l'armée protugaise. Une première mondiale et un pas de plus vers l'automatisation sur laquelle l'avionneur européen travaille aussi bien pour ses avions civils que militaires.
Les premiers contacts de ravitaillement en carburant entièrement automatisés entre un avion-citerne Airbus et un avion de chasse F-16 de l'armée de l'air portugaise.
Les premiers contacts de ravitaillement en carburant entièrement automatisés entre un avion-citerne Airbus et un avion de chasse F-16 de l'armée de l'air portugaise. © Airbus
C'est une nouvelle étape, de taille, dans l'autonomisation des avions. Airbus vient de réussir à ravitailler un avion militaire en vol, de façon entièrement automatique. 

L'avionneur européen a publié la vidéo de cette première mondiale réussie sur Twitter :

Une flèche pour remplacer l'homme

La campagne d'essais en vol, a été menée au-dessus de l'océan Atlantique, avec un avion d'essai ravitailleur d'Airbus (A330 MRTT) et un chasseur F-16 de l'armée portugaise. Ce dernier a été ravitaillé par un système de flèche automatisée. Habituellement, c'est l'opérateur de ravitaillement en vol, le "boomer" qui s'occupe de cette opération. Allongé à l'arrière de l'avion-ravitailleur, il vise l'avion à ravitailler par une fenêtre et déplace une perche avec le conduit d'essence vers son réservoir.
 

Une précision de quelques centimètres

Dans le cadre de cet essai, le "boomer" est bien présent. C'est lui qui active le système de ravitaillement automatique (A3R). Ce dernier fait ensuite voler la flèche et maintient l'alignement entre sa pointe et le réceptacle de l'avion à ravitailler avec une précision de quelques centimètres.
"Le bon alignement et la stabilité du récepteur sont vérifiés en temps réel pour maintenir une distance de sécurité entre la flèche et le récepteur et pour déterminer le moment optimal pour étendre la poutre télescopique pour réaliser la connexion avec le récepteur" précise Airbus. Le transfert du carburant peut alors s'opérer et le "boomer", surveille simplement le bon déroulement de l'opération. 

En février 2018, Carnets de Vol, le magazine de l'aéronautique de France 3 Occitanie avait consacré une émission spéciale aux ravitailleurs de l'armée de l'air. Vous pourrez y revoir le travail des "boomers" ainsi que la conception de l'A330 MRTT, l'avion ravitailleur d'Airbus utilisé dans cet essai et construit entre Toulouse et Madrid. 

Un pas de plus vers l'automatisation

Le système A3R ne nécessite aucun équipement supplémentaire sur l'avion récepteur. Selon Airbus, "il est destiné à réduire la charge de travail des opérateurs de ravitaillement en vol, à améliorer la sécurité et à optimiser le taux de transfert de ravitaillement en vol dans les conditions opérationnelles, contribuant à maximiser la supériorité aérienne." L'objectif du système A3R est de développer des technologies qui atteindront des capacités entièrement autonomes indique encore l'avionneur qui vise une certification en 2021. 

Avec sa filiale Attol (Autonomous Taxi, Take-Off and Landing – roulage, décollage et atterrissage autonomes), Airbus travaille aussi depuis plusieurs années sur l'automatisation de ces avions civils. Et a réussi à faire décoller un A350 sans l'intervention de ses pilotes. C'était en décembre dernier, à l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

 
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