Près de Toulouse, les EHPAD de Grenade-sur-Garonne et Cadours se préparent aux visites des familles

Le 19 avril le gouvernement a annoncé un droit de visite, sous conditions, pour les familles qui souhaitent voir leurs aînés dans les EHPAD. Une mesure que réclamaient les familles mais aussi bon nombre de directeurs d'établissements. A Cadours et Grenade-sur-Garonne, ce ne sera pas avant jeudi. 

La tablette, un lien numérique avec la famille. Ehpad Grenade sur Garonne
La tablette, un lien numérique avec la famille. Ehpad Grenade sur Garonne © Ehpad Grenade-sur-Garonne
"Ce qui s'y passe est poignant et remarquable" a déclaré Olivier Véran, le ministre des solidarités et de la santé, à propos des Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes.
Voilà plus d'un mois que résidents et personnels s'adaptent au confinement. Dimanche 19 avril, le gouvernement a décidé de faire un geste en permettant un droit de visite pour les familles sous certaines conditions. C'était déjà le cas en Alsace depuis le samedi 18 avril. Pour Didier Carles, directeur de 2 établissements qui comptent 225 résidents, il était temps. Mais les familles devront encore attendre un peu.

L'urgence de rouvrir les EHPAD aux familles

"C'était une demande que nous faisions depuis longtemps au niveau de l'Association des Directeurs d'Etablissements et de Services pour Personnes Agées. Elle devenait urgente mais je ne pensais pas qu'elle intervienne aussi vite".
Didier Carles directeur EHPAD de Grenade-sur-Garonne et Cadours (31)
Didier Carles directeur EHPAD de Grenade-sur-Garonne et Cadours (31) © Photo : EHPAD de Grenade-sur-Garonne

Ce lundi 20 avril, Didier Carles a encore plus de travail que d'habitude. Depuis les annonces du Ministre de la Santé hier, il a envoyé un mail à toutes les familles pour les informer de la nouvelle situation. Pour les prévénir également que ce ne sera pas possible de rendre visite aux résidents avant jeudi. Il faut dire que les 2 établissements comptent 225 résidents et que cette nouvelle donne induit une préparation et des aménagements. Dans ses 2 EHPAD, même si ce n'était pas une obligation mais une préconisation, les résidents sont confinés dans leur chambre : pas de repas ni d'animations en commun. "Vu le nombre de personnes -résidents et personnels- il nous a semblé plus prudent de faire comme ça. Mais quand on ne sort plus, qu'il n'y a plus d’activité collective, l'isolement en chambre agit sur le moral. Ici, tout le monde a été formidable. Les familles ont pu envoyer des messages, des photos. Nous faisions une centaine de Skype par semaine... mais nous ne pouvons pas remplacer les familles."
 

Des visites sous condition

"Nous allons mettre en place un numéro de téléphone avec une personne dédiée pour répondre à la demande et planifier tout ça."  Ces visites seront très encadrées. Elles seront limitées à deux personnes maximum, restreintes également dans la durée, et devront se faire sans contact physique mais uniquement visuel. "Chaque famille aura une demi-heure environ. Il faudra respecter toutes les mesures barrières. Une personne viendra les accueuillir, leur donnera des gants, masques, charlotte, surblouse. Et ensuite nous reviendrons les chercher avec toutes les précations nécessaires. "Tout directeur peut interdire l'accès à son établissement si le visiteur a une thempérature supérieure à 38°C, si c'est une personne à risque, qui a des problèmes de santé. Dernier cas de refus : si la visite entraînait plus de complication que de satisfaction pour la personnes âgée, notamments celles atteintes d'une forme grave de la maladie d'Alzheimer.
 

Un coût supplémentaire pour les EHPAD

Sur un mois et demi, nous avons dû dépenser 170 000 € supplémentaires

Recevoir les familles va entraîner des frais supplémentaires pour ces établissements. Car il va falloir aménager une salle avec toutes les précautions sanitaires nécessaires, équiper les familles, prévoir du personnel... Des dépenses qui se rajoutent aux achats d'équipements, à une douzaine de personnes recrutées pour faire face à la situation : le ménage, renforcer ou remplacer le personnel. "Je sais que des arbitrages sont en cours pour savoir si l'Etat va donner un coup de pouce financier. Nous demandons à ce qu'il y ait au moins la prise en charge de 2 salariés dans chaque établissement." Se rajoute aussi un manque à gagner car il n'y a plus d'admissions de nouveaux résidents autorisées en EHPAD. Alors que c'était toujours plein, 13 places sont désormais vacantes à Cadours et Grenade.

En attendant jeudi pour les premières visites, le personnel des EHPAD de Grenade et Cadours reste vigilant. Pour l'heure, il n'y a eu aucun cas de coronavirus. 
 

Personnel de l'EHPAD de Grenade-sur-Garonne
Personnel de l'EHPAD de Grenade-sur-Garonne © Photo : EHPAD de Grenade-sur-Garonne


 


 
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