Le prix des péages des autoroutes pourraient baisser en fonctions des usages et des types de véhicules

Un rapport sénatorial présenté ce vendredi épingle les profits des sociétés d’autoroutes et les durées des contrats de concession. Il propose d’adapter les tarifs de péages en fonction de véhicule et de la pratique des usagers.

 

le péage de l'Union à Toulouse
le péage de l'Union à Toulouse © Michel Viala/MaxPPP
Après 7 mois de travaux, le groupe sénatorial sort son rapport sur les concessions autoroutières. A 11 ans de l'échéance des concessions accordées aux sociétés d'autoroutes, le rapport titre sur les futurs profits à partager équitablement entre l'Etat et les usagers.

24 milliards d’€ aux actionnaires

Trois groupes autoroutiers historiques se partagent 90% du réseau des autoroutes de France depuis leur privatisation en 2006.
Ces trois groupes, Vinci (ASF et Cofiroute), Eiffage (APRR) et Abertis (Sanef) pourraient atteindre la rentabilité attendue, 10 ans avant la fin de la concession. Les sociétés autoroutières ont engrangé des bénéfices "trop favorables" et distribué des dividendes exorbitants aux actionnaires.

La rentabilité attendue  pour les actionnaires serait atteinte autour de 2022, soit 16 ans après la privatisation pour Vinci autoroutes et pour Eiffage. Autrement dit la durée de ces concessions serait trop longue d’environ 10 ans.
Une sur-rentabilité pointée par le rapporteur de la commission d’enquête, Vincent Delahaye.

« Même si la rentabilité des concessions autoroutières ne pourra être définitivement mesurée qu’à la fin des concessions, il peut d’ores et déjà être constaté que les principaux paramètres économiques et financiers des concessions ont évolué favorablement, ce qui a permis aux sociétés d’autoroutes de verser un niveau exceptionnel de dividendes à leurs actionnaires (24 milliards d’euros entre 2006 et 2019). »

Depuis 2003 , la bataille des maires des communes autour de L’Union

Le péage de L’Union construit en 1993, est le seul péage intra-urbain de France. Il coûte aux usagers 0,50 centimes d’€ pour parcourir 1.2 kilomètre, ce qui en fait aussi le péage le plus cher de France.
Le combat des communes de l’Est toulousain pour sa suppression a débuté il y a 17 ans, mais les mobilisations des élus n’ont pas été fructueuses.
Marc Péré, maire de L'Union (31) dénonce "un scandale financier de la part de l’Etat, de s’être privé d’une manne financière aussi importante. Les sociétés d’autoroutes ont déjà été financées par les impôts des Français."

Il rappelle que la vente des autoroutes au privé a rapporté 17 milliards d’€ à l’Etat, mais que depuis elles ont rapporté 30 milliards d’€ aux actionnaires.

Interviewé sur ce nouveau rapport sénatorial, le maire de L’Union ne voit qu’une alternative :

"Aujourd'hui la seule réponse, c'est la nationalisation."

Avec un an de dividendes, 4,7 milliards d’€ versés aux actionnaires en 2016,  on pourrait totalement financer le plan de déplacement de la métropole toulousaine.

Marc Péré - maire de l'Union

Vers la fin des concessions

Avant tout, il est impératif de ne plus prolonger la durée des concessions, afin de pouvoir enfin remettre à plat le système autoroutier à l’échéance de ces dernières (entre 2031 et 2036). (…)La durée des concessions, attribuées à l’issue d’appels d’offres, ne devrait pas dépasser 15 ans et être revues tous les 5 ans, précise le rapport.

Il apaparait dans le rapport que les profits futurs devraient profiter également aux usagers, par une adaptation des tarifs de péage en fonction du véhicule (s'il est propre ou pas) et en fonction des usages (co-voiturage ou les trajets domicile-travail).

Pour le président de la commission d’enquête, "ces propositions doivent permettre à l’État de définir une nouvelle relation avec les sociétés concessionnaires, afin d’assurer une meilleure défense de ses intérêts et de ceux des usagers".
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