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Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : deux comportementalistes à la barre

La scène du meurtre, dans une impasse de Bouloc. / © Remy Gabalda/AFP
La scène du meurtre, dans une impasse de Bouloc. / © Remy Gabalda/AFP

La cour d'assises de Haute-Garonne, qui juge Laurent Dejean pour le meurtre de la joggeuse de Bouloc, a entendu lundi 25 mars 2019 deux enquêteurs chargés d'établir le profil de l'auteur du crime.

Par Marie Martin

Ils sont saisis le 16 février 2011, deux jours après la disparition de Patricia Bouchon et la découverte d'effets personnels et d'une importante trace de sang dans une impasse de Bouloc.

La scène de crime "parle" et permet aux enquêteurs spécialisés dans l'analyse comportementale de décrire un profil du tueur et la motivation du crime.

Le témoignage de deux riverains, qui ont entendu les cris d'une femme puis un homme en pleurs répétant "Excuse-moi, excuse-moi..." leur permet de proposer une première hypothèse : l'auteur du crime n'a peut-être pas eu comme intention première de tuer.

Ce qui est décisif dans leur analyse, expliquent-ils ce lundi 25 mars 2019 à la cour d'assises de Haute-Garonne, c'est la découverte du corps de Patricia Bouchon, le 29 mars 2011. Elle provoque un second rapport des enquêteurs, en septembre 2011.

Pour eux, la motivation serait une agression à motivation sexuelle. L'agresseur cherche un contact mais surpris par la résistance de sa victime, se laisse "déborder" et l'agression se transforme en meurtre, sans qu'il y ait d'atteintes sexuelles. Les propos d'excuses seraient l'expression de remords. "Il y a eu une escalade dans ce crime", explique Marc Mazère, chef d'escadron de gendarmerie et co-auteur du rapport. "Il a été plus loin que ce qu'il voulait commettre". Même si les blessures attestent d'une agression "longue et violente, qui traduit une certaine détermination".

Peu après, "l'intelligence pratique" de l'auteur des faits lui permet de se "remobiliser" et d'organiser le transport du corps de sa victime.

Les deux gendarmes comportementalistes vont plus loin : ces actes laissent à penser que leur auteur n'est pas asocial, complètement isolé, mais est parfois "socialement inadéquat", éprouvant des difficultés de relations avec les autres, se faisant remarquer pour cela. Sans doute impulsif et colérique. Mais ne souffrant pas de troubles mentaux sévères qui se seraient traduits sur la scène de crime.

En conclusion de ces deux dépositions effectuées en vidéo-conférence, maître Guy Debuisson, avocat de Laurent Dejean, rappelle la prudence de rigueur : "même si ça m'intéresse qu'on dise que ce tueur serait exempt de troubles mentaux sévères, attention, certains de ces "profils" se révèlent complètement faux, je l'ai encore vu il y a peu de temps dans un procès".

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