Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : la Clio blanche au cœur des débats

La Clio blanche a été longtemps été recherchée, en vain. / © France 3 Occitanie
La Clio blanche a été longtemps été recherchée, en vain. / © France 3 Occitanie

Vendredi 22 mars 2019, il a (encore) beaucoup été question de la Clio blanche aperçue par le témoin-clé, le matin du meurtre de la joggeuse de Bouloc et à proximité des lieux du crime. Alors que l'accusé a toujours nié en avoir possédé une, 31 personnes assurent le contraire. 

Par Marie Martin

Une Clio blanche, 1ère génération. Au moment des faits, en 2011, on en dénombre 60 000 dans les seuls départements de la Haute-Garonne, du Tarn et du Tarn-et-Garonne.

Celle qui intéresse aujourd'hui la cour d'assises est un élément-clé de l'affaire Patricia Bouchon, tuée le 14 février 2011.  Et ce, pour trois raisons : elle est aperçue le jour et à proximité du lieu du meurtre, des proches assurent que Laurent Dejean en possédait une alors que lui l'a toujours nié, on ne l'a jamais retrouvée. 

Nicolas Gelis l'a confirmé mardi 19 mars 2019, lors du 4ème jour du procès de Laurent Dejean : à 4h30, ce matin du 14 février 2011, il croise Patricia Bouchon, puis un peu plus loin une Clio blanche ou gris clair, 1ère génération, aux feux éteints et qui "mord" sur la voie de circulation sur laquelle roule le témoin. La vitre du conducteur est baissée, il a le temps de voir que les sièges arrières sont rabattus et d'apercevoir le visage du conducteur, dont il fera plus tard une description précise qui permettra la réalisation d'un portrait-robot.

Naturellement, dès que les enquêteurs commencent à s'intéresser à Laurent Dejean (qu'un de ses amis reconnaît d'après le portrait-robot), l'une des premières questions est : "Possédez-vous une Clio blanche ?" Non, répond invariablement celui qui est aujourd'hui jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon.

Des dénégations d'autant plus surprenantes que dans ce dossier, 31 personnes attestent que le jeune homme en possédait une à cette époque. Des voisins mais aussi des proches qui sont persuadés de son innocence mais ne peuvent passer sous silence cette appartenance.

Et leurs témoignages sont très précis. Laurent avait une vieille Clio blanche. Il en rabattait toujours les sièges arrières, voire les retirait complètement, pour transporter tout un tas de matériel. Sur la vingtaine de personnes venue déposer à la barre depuis sept jours, plusieurs sont même montés dans sa voiture. Le doute n'est plus permis.

Qu'a-t-il fait de cette voiture ? Là encore, ses proches ont une hypothèse. Emmanuelle B., par exemple, qui est son amie et le croit innocent, dit aussi : "Laurent était capable de démonter une voiture en une 1/2 journée. Je l'ai vu en débarder une en une matinée. Après, il amenait la ferraille à la casse".

Christian G. ne dit pas autre chose : "Il démontait des voitures dans une casse "sauvage". Cette casse a d'ailleurs été incendiée en 2013. Il a été demandé au propriétaire du terrain d'évacuer les carcasses". Il dit aussi - et il est formel - que la vitre côté conducteur était cassée, qu'il fallait la remonter à la main et la coincer au niveau souhaité. "J'ai vu Laurent remonter la vitre de cette façon".
Le matin du 14 février 2011, Nicolas Gelis note justement une vitre baissée.

A l'ouverture du procès, jeudi 14 mars 2019, Laurent Dejean a dit rapidement : "La Clio, c'est vrai, c'est moi". Après l'avoir nié durant de nombreuses années. La cour l'entendra à ce sujet - entre autres - mardi 26 mars.

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