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Procès des meurtriers présumés d'Eva Bourseau : trajectoire fatale de deux étudiants brillants accros à la réussite

Les deux co-accusés, assis côte à côte dans le box des accusés, n'ont pas un regard l'un vers l'autre. / © Dessin Vincent Desplanches
Les deux co-accusés, assis côte à côte dans le box des accusés, n'ont pas un regard l'un vers l'autre. / © Dessin Vincent Desplanches

Lundi 10 décembre, pour le premier jour de leur procès, la cour d'assises de Haute-Garonne s'est penchée sur la personnalité des deux co-accusés : des enfants de "bonne famille", brillants mais hantés par l'échec. Et qui ont chuté ensemble dans l'enfer des drogues. 

Par Marie Martin

Taha Marani Alaoui et Zakariya Banouni. Deux étudiants férus de mathématiques qui font connaissance à l'université Paul-Sabatier de Toulouse et sympathisent.
Ils ont de nombreux points communs. Leur passion pour les sciences. Une enfance heureuse, des parents aimants. Une soif extrême de réussite. 

Quand ils se rencontrent, ils viennent tous deux de connaître un échec. L'un pour rentrer en Maths Sup', l'autre à Polytechnique. Des échecs relatifs certes mais qu'ils ont visiblement du mal à surmonter. Autre point commun. 

Ensuite, en quelques mois, insistent leurs avocats, les deux étudiants brillants basculent dans la drogue. Dans les drogues. Toutes les drogues. 
Il n'y a aucune limite à cette consommation qui est sans doute une échappatoire face à cette peur de l'échec. De plus, ils ont les moyens financiers de se procurer les substances. 

Cette nuit du 26 au 27 juillet 2015, ils passent la soirée avec Eva, elle aussi étudiante à Toulouse. Ils consomment tous trois du speed et de l'atropine, un médicament qui stimule le rythme cardiaque.

Au petit matin, ils quittent l'appartement de la rue Merly. Avant de décider de remonter. Eva en effet a de l'argent liquide chez elle, elle le leur a dit. Et ils ont justement besoin d'argent pour acheter de la drogue. 
La jeune femme leur ouvre la porte, pensant qu'ils ont oublié quelque chose. Les premiers coups pleuvent. C'est un déchaînement de violences, à coups de poing américain et de pied-de-biche

Les jours suivants, le duo tente de "dissoudre" le corps en le plaçant dans une malle en polyéthylène emplie d'acide, procédé inspiré de la série américaine "Breaking Bad". L'horreur absolue.

Ce premier jour de procès a permis de cerner deux personnalités, au "parcours en miroir" mais certainement pas de comprendre cet engrenage fatal.

Taha Marani Alaoui et Zakariya Banouni sont jugés pour meurtre en vue de faciliter un délit de vol en réunion. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Leur procès dure dix jours : 52 témoins et 19 experts sont entendus. 
 

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