Mais qui est “l'enfant rouge” assis sur un toit de Toulouse et qui regarde passer les trains ?

© James Colomina
© James Colomina

Depuis quelques jours, la sculpture d'un enfant est installée sur le toit d'un bâtiment du boulevard de la Gare à Toulouse. "L'enfant" a été remarqué par des habitants du quartier et des usagers de la SNCF. Mais de quoi s'agit-il exactement ? On lève le voile sur ce mystère. 

Par Fabrice Valery

C'est une oeuvre de la taille d'un enfant d'une dizaine d'années. Un enfant, de couleur rouge, installé sur le rebord d'un toit du boulevard de la Gare. Sweat à capuche et main dans les poches. Il semble regarder la ville en face de lui et les trains qui passent, à quelques encablures de la gare Matabiau.

L'oeuvre, installée sur ce toit dimanche 26 mars, a déjà suscité l'attention d'habitants du quartier et de passagers des trains qui se croisent ici, sous ses pieds.

"Cet enfant symbolise le temps qui passe, explique James Colomina, l'artiste qui a installé l'oeuvre, et au-delà, en miroir, le temps qui passe aussi pour les gens qui passent !"
© James Colomina
© James Colomina


La résine : de la prothèse à l'oeuvre

C'est la première fois que James Colomina expose l'une de ses oeuvres au regard du public. Pour cela, il a choisi un lieu privé : le bâtiment où il a installé son atelier d'artiste (au rez-de-chaussée) et son cabinet de... prothésiste dentaire à l'étage. La bâtisse, magnifique, est bien connue des Toulousains pour avoir longtemps hébergé un bar. 

"Par mon métier, explique James Colomina, je manie la résine depuis des années. Et depuis longtemps, je me suis essayé à des moulages de parties de corps humain, sur moi-même ou sur mes enfants. Maintenant, j'ai le statut d'artiste et je travaille chaque jour à créer des oeuvres à échelle humaine".


Une expo à Paris

James Colomina ne travaille que la résine et uniquement la couleur rouge. Grâce à des amis, ses personnages, humains mais figés, ont plu à un galériste parisien. A partir du 8 avril, les personnages de l'artiste toulousain seront donc visibles à la galerie Ange Basso, dans le 6ème arrondissement de Paris, une galerie spécialisée dans l'art contemporain.


A Toulouse, l'art sort dans la rue

Ville capitale du graff, de l'art urbain et des circuits artistiques non-officiels, Toulouse voit régulièrement apparaître dans l'espace public des oeuvres d'artistes parfois inclassables. A Noël 2015, l'artiste Chat Maigre avait recouvert un radar avec des Légo multicolores. Une oeuvre éphémère, retirée à la demande de la préfecture. Mais qui avait eu le temps de surprendre et d'interpeller. Sans doute un peu comme "l'enfant rouge" aujourd'hui. Surprendre, interpeller : c'est aussi ça le rôle des artistes. 

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