Qui sont les trois mis en examen de l'affaire Merah ?

L'arrestation d'Abderkhader Merah, le 21 mars 2012 / © Archives
L'arrestation d'Abderkhader Merah, le 21 mars 2012 / © Archives

Trois personnes sont mises en examen dans l'enquête sur les tueries perpétrées du 11 au 19 mars 2012 au nom du jihad par Mohamed Merah, dont son frère aîné Abdelkader. Vendredi, le parquet de Paris a requis deux renvois aux assises et un non-lieu.

Par VA.

Abdelkader Merah, 33 ans

Arrêté le 21 mars 2012 à l'aube, alors que démarrait le siège du domicile de Mohamed Merah, il est, après la mort du tueur, la figure principale de l'affaire. Il est en détention provisoire. Il est soupçonné d'avoir participé le 6 mars à Toulouse avec son frère au vol du scooter de grosse cylindrée utilisé par Mohamed Merah pour se déplacer sur les scènes de ses crimes. Abdelkader Merah ne nie pas avoir été présent lors du vol, mais assure que son frère a agi à son insu. Pour le parquet, il a rencontré son frère "à des moments-clés" et lui a fourni un soutien "en l'aidant à dérober un scooter en vue de faciliter sa fuite".
Abdelkhader Merah / © Archives France 3 Midi-Pyrénées
Abdelkhader Merah / © Archives France 3 Midi-Pyrénées

Un autre membre de la fratrie, Abdelghani, a la conviction qu'Abdelkader, identifié de longue date comme islamiste radical, puis parti en Egypte en 2009, a joué un rôle crucial dans la radicalisation de Mohamed et son passage à l'acte. En garde à vue, Abdelkader Merah a qualifié la mort de son frère de "belle fin", avant d'admettre une provocation et de condamner les tueries devant le juge d'instruction. Pour son avocat, Eric Dupond-Moretti, aucun élément ne le relie aux crimes et rien ne justifie sa mise en examen pour complicité d'assassinats terroristes.

Durant l'instruction, il a parlé d'un troisième homme, présent sur le vol du scooter, tout en refusant d'en dévoiler l'identité. Il a finalement donné un nom en janvier, mais l'homme désigné, connu dans des affaires de banditisme, ne pourra pas se défendre: il a été abattu en 2014 en banlieue toulousaine.


Fettah Malki, 33 ans 

Cet homme né en Algérie a été mis en examen pour complicité d'assassinats terroristes mais le parquet de Paris requiert un non-lieu pour ce chef et son renvoi aux assises pour association de malfaiteurs terroriste, recel de vol et détention d'arme en relation avec une entreprise terroriste. Il avait fourni le pistolet mitrailleur Uzi que portait Merah lors de son dernier crime, le 19 mars, à l'école juive de Toulouse, et le gilet pare-balles qu'il endossait lors du siège de son appartement. Des faits qu'il ne conteste pas, tout en assurant ne jamais avoir su l'usage qu'en ferait Merah. Il est connu pour des faits de délinquance de droit commun. Il est toujours en détention provisoire.


Mohamed Mounir Meskine, 28 ans 

Le parquet a requis un non-lieu pour lui, "faute d'avoir pu établir avec certitude son implication". Si les juges suivent les réquisitions, il ne sera donc pas jugé. Il a été soupçonné durant l'enquête d'avoir pris part, avec les frères Merah, au vol du scooter. Meskine, qui nie, se trouvait peu avant chez un concessionnaire moto avec eux. Il nie aussi avoir eu connaissance de tout projet criminel. Né en Algérie et arrivé en France à cinq ans, il a vécu comme la famille Merah dans le quartier toulousain des Izards.

Il a été proche d'Abdelkader, auquel il a écrit depuis sa détention, entre 2008 et 2009, pour une affaire de stupéfiants.Arrêté en banlieue toulousaine et écroué en mai 2013, il a été remis en liberté quatre mois plus tard. Pour son avocat Eric Plouvier, sa participation au vol "nerepose que sur des présomptions très fragiles, voire inexistantes".

Lire ici, le dossier complet sur l'affaire Merah.

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