"Reçu 26ème colis de maman et Marguerite contenant galoches et livres", le journal d'un soldat numérise, précieux témoignage sur le Seconde Guerre mondiale

47 kilomètres linéaires de documents sont conservés aux archives départementales. Essentiellement des documents états civils, cadastres par exemple. Mais il arrive que des documents privés soient prêtés ou confiés. C'est le cas de deux carnets ayant appartenu à des soldats pendant la deuxième guerre mondiale. De précieux témoignages de la petite histoire du quotidien qui fait partie de la grande.

Chacun des jours de 1942, un soldat français prisonnier de guerre en Allemagne a consigné ses pensées ou de petites choses du quotidien. Une petite histoire qui fait partie intégrante de la Grande.

A la page du 27 février, d'une écriture serrée et appliquée le soldat raconte : "Levé à 7h du matin, comme d'habitude. Ai cassé du bois. Après ça j'ai aidé les camarades au déchargement des voitures de rutabagas, jusqu'à midi heure de la soupe".

Ce témoignage, précis reste anonyme. On ignore tout de son auteur. Ce petit carnet en cuir de 6 cm d'épaisseur a été confié aux archives départementales de Haute-Garonne pour être numérisé. Le document sera donc consultable par le grand public prochainement.

Des documents privés précieux

Il n'est pas rare que des documents particuliers soient ainsi prêtés aux services des archives.

Le récit d'un autre prisonnier de guerre dans l'un des stalags allemand, vient lui aussi d'être numérisé.

Page après page on y découvre l'histoire personnelle d'un jeune homme depuis sa mobilisation en août 39 jusqu'en septembre 1940 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Bordeaux (Gironde). La page de garde ne fait guère de mystères sur le destinataire de ce journal. "Pour ma femme chérie, quelques pensées" la trace d'un tampon encreur fait mention en allemand d'un "camp principal". 

Pour celui qui, ce jour-là, est en charge de la numérisation du document, ce moment est toujours émouvant. "C'est très touchant d'avoir un objet ayant appartenu à quelqu'un. Qui a une histoire, qui raconte quelque chose", confie Jonathan Mannent de l'atelier photo des archives départementales de Haute-Garonne.

Pas plus d'indications, là non plus. Sur le propriétaire du carnet, son histoire personnelle. Mais ce calepin pourra peut-être servir de base d'étude pour des chercheurs. 

47 kilomètres linéaires de documents

Collecter pour conserver puis transmettre, c'est la mission des archives départementales.

47 kilomètres linéaires de documents y sont conservés à Toulouse. Des documents publics établis par les administrations, état civil, cadastre.

"Les archives publiques constituent la plus grande part de notre fond. Mais nous avons aussi des archives privées, familiales notamment. Les archives départementales remontent à la Révolution. Les révolutionnaires ont récupéré toutes les archives liées aux administrations, royales, seigneuriales, religieuses,  en vue de faire un tri. Il s'agissait de ne garder que les dossiers en cours et détruire le reste. Mais le tri prend du temps et ces archives se sont retrouvées dans les préfectures fraîchement créées. Et le volume n'a cessé de croître ! ", explique Marie-Astrid Zang, la directrice Adjointe des Archives Départementales.

 Des documents rares et précieux sont aussi conservés comme le fond de l'ordre de Malte : 450 mètres linéaires de documents datant du XI au XVIIIème siècle. Les archives disposent aussi de 100 000 dossiers qui restent à identifier. Il s'agit des sacs de procédures.

"L'affaire est dans le sac"

" Ils sont restés dans l'état dans lequel ils étaient lorsque le greffier les a fermés. L'ensemble des pièces d'une procédure étaient mises dans le sac, d'où l'expression l'affaire est dans le sac quand on a terminé quelque chose. On a une collection des XVII et XVIIIème siècles. Malheureusement aucun de plus ancien en raison d'un incendie au Parlement de Toulouse en1580." Une matière qui reste à défricher et analyser. "Petit à petit on ouvre les sacs, on dépoussière, on identifie la juridiction, le sujet de la procédure. Une fois que cela est terminé, c'est accessible au public.". 

Un travail de précision et de patience pour transmettre aux historiens, aux chercheurs mais également aux scolaires et au grand public tout document permettant de mieux comprendre et percevoir l'histoire d'une époque.

Les carnets de soldat, comme des milliers d'autres documents, seront donc accessibles pour une consultation en ligne.

(Avec Stéphane Compan et Laurence Boffet)

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