Rugby : la crise du COVID, met en danger de survie le Stade Toulousain

La crise sanitaire de la Covid-19 et les difficultés économiques qu'elle provoque dans son sillage, mettent en danger les finances du Stade Toulousain. Le fleuron historique du rugby français ne pourra plus supporter longtemps les pertes de recettes provoquées par les matches joués à huis-clos.
Le Président du Stade Toulousain Didier Lacroix a présenté à la ministre des sports Roxana Maracineanu les difficultés financières du club-phare du rugby français, provoquées par la crise de la Covid-19 et le huis-clos imposé par la loi d'état d'urgence sanitaire.
Le Président du Stade Toulousain Didier Lacroix a présenté à la ministre des sports Roxana Maracineanu les difficultés financières du club-phare du rugby français, provoquées par la crise de la Covid-19 et le huis-clos imposé par la loi d'état d'urgence sanitaire. © Lionel Bonaventure / AFP
Pour le Stade Toulousain, un match disputé sur sa pelouse du stade Ernest-Wallon c'est presque 1 million d'Euros de recettes assurées.
L'état d'urgence sanitaire, en contraignant le club-phare du rugby français à évoluer à huis-clos, provoque des pertes financières telles qu'elles mettent en péril la survie même du club : aux recettes de billetterie, il faut en effet ajouter celles provenant des buvettes, des boutiques, du réceptif et des loges en tribune.

Un manque à gagner abyssal

Mais avec la baisse des contrats de partenariats et de sponsors - environ 2 M€ sur les 33 millions du budget annuel - c'est un total de près de 1,7 M€ par journée de Top 14 qui sont perdus à chaque match disputé à huis-clos.
Si l'intégralité de cette saison 2020-2021 devait se jouer dans de pareilles conditions, le manque à gagner pour le club haut-garonnais s'élèverait à un total de 23 M€, des pertes impossibles à éponger.
Les droits Télé ne représentent qu'un cinquième des recettes du Stade Toulousain : tout le reste est conditionné par la nécessité de ne pas jouer à huis-clos.
Les droits Télé ne représentent qu'un cinquième des recettes du Stade Toulousain : tout le reste est conditionné par la nécessité de ne pas jouer à huis-clos. © FTV
A ce rythme, sachant que la masse salariale des joueurs de l'équipe professionnelle représente pratiquement 75% des dépenses des Rouges et Noirs, la situation ne peut pas perdurer, sous peine de faire peser un grave risque sur la survie même du club toulousain.

Depuis le début de la saison, chaque week-end tous les joueurs sont là, ils travaillent, ils produisent du spectacle et du divertissement pour la télévision, pour les téléspectateurs, et c'est ce coût là qui n'est plus supporté par nos recettes. D'où notre interrogation et notre regard se tournant vers l'Etat.

Didier Lacroix, président du Stade Toulousain

Cette situation inextricable, le président Didier Lacroix en a fait part à Roxana Maracineanu, la ministre des sports, en visite ce jeudi 26 novembre dans les installations du Stade Toulousain.

Traiter les stades comme les salles de cinéma

Pour l'ancien 3ème ligne quinziste et capitaine des Rouges et Noirs, la première solution envisageable c'est de rouvrir au plus vite l'accès des stades aux supporters, idéalement "en même temps que la récouverture des cinémas et des théâtres", annoncée pour le 15 décembre prochain.

Selon la ministre des sports, cette réouverture ne devrait pas avoir lieu avant celle des bars et des restaurants, programmée pour le moment pour le 21 janvier 2021, si l'on se fie aux annonces faites par le Président Emmanuel Macron mardi soir.
Quant à une aide financière directe, elle serait plafonnée à 5M€ dans l'état actuel des mesures gouvernementales ; on est loin du compte.

Didier Lacroix n'a pas entendu la même chose : pour lui la sécurité sanitaire est mieux assurée dans les tribunes d'un stade en plein-air que dans l'espace clos d'une salle de cinéma ou de théâtre.

Non au huis-clos pour les matches de gala

Il espère donc obtenir un début d'allègement du confinement dès le 15 décembre prochain, avec une capacité d'accueil fixée à 1 siège sur 2, voire 1 siège sur 3.

C'est une nécessité vitale quand on regarde le calendrier de l'équipe stadiste : les Toulousains doivent accueillir à domicile les champions d'Europe en titre, les Anglais d'Exeter, le 20 décembre prochain, puis l'Union Bordeaux-Bègles en Top 14 le 27 décembre.

Disputer ces 2 matches de gala à huis-clos est inimaginable pour les joueurs et les supporters du Stade Toulousain.
La décision du gouvernement de prolonger les restriction imposées par l'état d'urgence sanitaire, pourrait-elle avoir pour conséquence la tentation d'un rachat du club par un riche investisseur ?
Pourquoi pas des Qataris, comme on l'a déjà vu dans le monde du ballon rond ?

Il serait regrettable que le modèle économique du club toulousain, indépendant du bon vouloir d'un mécène prêt à mettre à chaque fin de saison la main à la poche, se retrouve pénalisé face à des concurrents qui - justement - bénéficient quant à eux d'une manne de ce genre.
 
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