Séisme en Turquie et en Syrie : des images prises depuis l'espace pour venir en aide aux victimes de la catastrophe

Le CNES et 10 autres agences spatiales vont fournir des images satellites à la Turquie et à la Syrie, qui viennent d'être touchées par des violents tremblements de terre. Ces images doivent permettre de connaître l'étendue des dégâts et de venir en aider aux populations. À Toulouse, le CNES coordonne ces opérations pour les satellites français.

À chaque catastrophe majeure, une coopération internationale s'opère entre les agences spatiales. Qu'il s'agisse d'inondations, de tempêtes, d'incendies ou de catastrophes technologiques, 17 agences spatiales répondent présentes et déclenchent la charte "espace et catastrophes majeures". Une catastrophe majeure se caractérise par son aspect soudain, et son impact important sur les populations, les infrastructures, mais aussi sur l'environnement. 

Cette charte créée il y a 22 ans, vient d'être mise en place pour les violents tremblements de terre qui ont eu lieu en Turquie et en Syrie dimanche 5 février et lundi 6 février 2023. Selon le dernier bilan officiel, 5000 personnes ont trouvé la mort dans ces deux catastrophes.  

Estimer les dégâts et aider les secouristes 

De nombreuses équipes de secouristes s'activent actuellement pour tenter de retrouver des personnes bloquées sous les décombres et pour dégager les voies de circulation. Dans le cadre de la charte, de nombreux satellites appartenant aux différentes agences spatiales viennent d'être mobilisés pour effectuer gratuitement des images des deux pays. Ce sont jusqu'à 200 satellites qui peuvent servir à la photographie. 

"L'idée de ce dispositif c'est de fournir des images aux secouristes ou aux aides humanitaires pour les orienter au mieux dans les zones difficiles d'accès, afin d’aider au mieux les populations."

Emilie Bronner

Représentante du CNES Toulouse à la charte internationale espace et catastrophes majeures

Pour y parvenir, les agences programment en urgence leurs satellites pour qu'ils survolent la zone géographique à photographier. Deux types d'images sont ensuite effectués : des images optiques et radar.

"Ce sont des photos vues de l'espace avec des résolutions différentes afin de voir les détails sur place, comme les infrastructures et les bâtiments détruits ainsi que l'étendue des dégâts pour les pays. Les satellites radar permettent quant à eux d'effectuer des prises de vue la nuit, mais aussi à travers les nuages, ils sont donc très utiles en cas de météo défavorable", précise Emilie Bronner. 

Exploiter et cartographier les données 

En France, c'est le CNES qui fournit des images grâce aux satellites Pléiades, Pléiades Néo et SPOT. À Toulouse, c'est toute une équipe qui est mobilisée pour coordonner la charte : recevoir les appels, communiquer, analyser les images, mais aussi les envoyer aux pays en question. Le dispositif est mis en place sur une dizaine de jours pour répondre à la situation d'urgence. 

"Grâce aux images des satellites, des équipes expérimentées exploitent les données le plus rapidement possible, pour produire des cartes d'évaluation des dégâts ou des lieux de rassemblement de population avec des légendes couleurs, qu'on peut ensuite transmettre aux autorités locales ou aux secouristes", explique Emilie Bronner. 

Des comparaisons sont aussi réalisées avec des anciens clichés de lieux ciblés et d'autres qui datent d'après le séisme. Le CNES de Toulouse propose également un suivi de la reconstruction des zones sinistrées en effectuant des prises de vues pour voir les évolutions et les différentes aides apportées. 

Depuis sa mise en place en 2000, la charte a été déjà été utilisée plus de 800 fois dans 154 pays du monde entier. Avec le réchauffement climatique, les catastrophes majeures sont de plus en plus nombreuses. Le CNES s'attend à devoir recourir plus souvent à cette charte dans les années à venir.