Suites d'AZF : LFI demande une commission d'enquête parlementaire sur les sites de stockage de nitrate d'ammonium

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Écrit par CR avec AFP
Dans le cas de l'usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, c'est un stock de 300 tonnes de nitrate d'ammonium qui avait explosé, provoquant des dégâts dans un rayon de plusieurs kilomètres.
Dans le cas de l'usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, c'est un stock de 300 tonnes de nitrate d'ammonium qui avait explosé, provoquant des dégâts dans un rayon de plusieurs kilomètres. © AFP

La France Insoumise a réclamé, ce mardi à l'Assemblée, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les sites de stockage de nitrate d'ammonium en France. Cette substance chimique est associée aux explosions meurtrières d'AZF à Toulouse en 2001 et de Beyrouth début août.

Elle réclame une commission d'enquête parlementaire sur les sites de stockage de nitrate d'ammonium en France. LFI a déposé cette demande à l'Assemblée nationale ce mardi. Le nitrate d'ammonium est associé aux explosions meurtrières d'AZF à Toulouse en septembre 2001 et de Beyrouth début août.

Les Insoumis portent cette proposition de résolution. Elle est cosignée par des députés de "sept groupes différents": LFI, communiste, socialiste, UDI, Agir Ensemble, EDS et Libertés et Territoires, a indiqué la députée Mathilde Panot, vice-présidente du groupe de Jean-Luc Mélenchon.

"Désengagement de l'Etat"

               
"Hier (21 septembre), c'était l'anniversaire du drame d'AZF à Toulouse où, il y a 19 ans, 31 personnes sont mortes et 2.500 ont été blessées", a souligné la parlementaire, avant de rappeler les récentes explosions à Beyrouth qui ont fait plus de 190 morts et 6.500 blessés.

Pour le cas français, l'élue du Val-de-Marne juge qu'il faut "s'interroger sur la gestion des risques industriels dans notre pays". Elle met en cause le "désengagement de l'Etat", avec des "effectifs dérisoires" pour inspecter les installations.

8% de la consommation mondiale


Mathilde Panot pointe aussi du doigt la "règlementation qui n'impose toujours pas le référencement des stockages de nitrate d'ammonium inférieurs à 250 tonnes", notamment dans l'agriculture. A ses côtés, Paul Poulain, "expert en risques industriels" et engagé dans un "mouvement d'éducation populaire", a souligné que la législation était beaucoup plus sévère dans d'autres pays.

La France consomme d'importantes quantités de nitrate d'ammonium, principalement pour l'agriculture sous forme d'engrais azoté, l'ammonitrate. En 2017, elle a importé 332.694 tonnes de nitrate d'ammonium et 823.727 tonnes de nitrate d'ammonium calcique (un mélange de nitrate d'ammonium et de carbonate de calcium) rien que pour les besoins de l'agriculture, selon l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). Elle représentait 8% de la consommation mondiale, selon la fédération internationale des fertilisants (IFA).

108 sites classés Seveso


Depuis la fin des années 1980, le gouvernement a recensé dix incidents en France susceptibles d'avoir impliqué le nitrate d'ammonium, plus que dans n'importe quel autre pays. La législation européenne a été depuis renforcée, notamment pour le stockage, encadré par la directive Seveso 3. Dans l'Hexagone, 108 sites classés Seveso stockent des ammonitrates.
               
Le ministère de la Transition écologique recense 16 entrepôts Seveso haut (plus de 2.500 tonnes pour les ammonitrates les plus courants) et 31 sites Seveso bas (à partir de 350 tonnes de nitrate d'ammonium).
                            
 

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