Toulouse : 10 salariés d'Airbus licenciés dans une affaire de "bizutage" et une autre "d'infraction à la sécurité"

Trois ans après des faits similaires, 4 salariés d'Airbus sont licenciés pour un bizutage. Dans le même temps, 6 managers connaissent le même sort pour "infraction à la sécurité" de l'entreprise. De lourdes sanctions dans une période où direction et syndicats négocient un plan social.

Chaine d'assemblage d'Airbus à Toulouse
Chaine d'assemblage d'Airbus à Toulouse © AFP
C'est une vidéo qui vaut aujourd'hui à 4 salariés d'Airbus à Toulouse d'être licenciés pour "bizutage". Ce film a été tourné en décembre 2019. A l'image, 6 personnes travaillant pour l'avionneur européen entourent un intérimaire.

A l'aide de scotch industriel et de serflex (un collier de serrage), les pieds et les mains de l'individu sont attachés. Il est ensuite allongé sur une bâche. De la graisse, des produits alimentaires sont alors déversés sur la personne au sol, avant que ne soit déchiré entièrement son tee-shirt.

Un précédent en 2017

Les faits ne sont portés à la direction d'Airbus qu'à la fin du mois de juillet 2020, en plein milieu du début des négociations du plan social Odyssey en raison de la crise du coronavirus. Convoqués en entretien préalable de licenciement, les salariés concernés ont reconnu les faits. 4 d'entre eux ont donc été définitivement congédiés de l'entreprise. 

"C'est bien. Enfin ! se félicite un salarié d'Airbus qui souhaite conserver son anonymat. Ce n'est pas une surprise. Des histoires de bizutage on en connait depuis au moins 2015. Il semble que cela n'a pas suffi, pourtant cela ne devrait pas exister au sein d'une telle entreprise."

Ces "célébrations", comme les nomment désormais les employés d'Airbus, ont déjà fait la une de la presse locale. En 2017, un salarié d'Airbus prenait la porte et six autres étaient mis à pied pour des faits similaires sur la chaîne d'assemblage de l'A330 à Colomiers.

6 licenciements pour des tablettes reconfigurées

"Tout le monde a le droit à l'erreur, souffle sous le manteau un syndicaliste. Nous aurions préféré les garder mais il semble y avoir moins de souplesse actuellement..." L'heure est à la "tolérance zéro" chez le constructeur.  

Au même moment, 6 managers travaillant sur la ligne d’assemblage de l’A350 ont aussi pris la porte. Selon nos informations, ces cadres de l'entreprise ont récupéré du matériel informatique estimé à un total de 9600 euros. Ces 6 tablettes oubliées au fond d'un placard ont été totalement reconfigurées à l'extérieur de l'entreprise en échange de paquets de cigarettes.

Une mise en danger de la  "sécurité de ses données et de ses systèmes d’informations" pour Airbus. Une faute grave. De mémoire de salariés, le licenciement de 10 personnes au sein de l'entreprise au même moment est un évènement rare. La preuve, peut être, que l'industriel ne ratera pas la moindre occasion afin d'atteindre son objectif de 3500 emplois supprimés à Toulouse.
 
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