Toulouse : 9 ans de prison requis contre l'ex-entraîneur du club de football d'Aussonne, accusé d'agressions sexuelles

Le procureur du tribunal correctionnel de Toulouse a requis 9 ans de prison, mercredi 28 juillet, contre un ex-entraîneur des jeunes du club de football d'Aussonne en Haute-Garonne. Il est accusé d'agressions sexuelles sur au moins dix-huit mineurs. Le jugement sera rendu le 4 août.
Un ex-entraîneur du club de football d'Aussonne (31) a été jugé pour agressions sexuelles sur mineurs, au tribunal correctionnel de Toulouse, mercredi 28 juillet : le procureur a requis 9 ans de prison.
Un ex-entraîneur du club de football d'Aussonne (31) a été jugé pour agressions sexuelles sur mineurs, au tribunal correctionnel de Toulouse, mercredi 28 juillet : le procureur a requis 9 ans de prison. © Eric Cabanis / AFP

Dix-huit jeunes footballeurs - au moins - du club de "l'étoile" d'Aussonne au nord de Toulouse, ont été victimes d'agressions sexuelles de la part d'un de leurs éducateurs sportifs pendant 12 ans. A l'issue du procès qui s'est tenu au tribunal correctionnel de Toulouse ce mercredi 28 juillet, le procureur a requis 9 ans de prison à l'encontre de cet homme aujourd'hui âgé de 54 ans.

Des agissements pendant douze ans

L'affaire n'a été révélée qu'en février 2020, quand un des jeunes joueurs, devenu adulte, a dénoncé les agissements de cet entraîneur, depuis son arrivée au club en 2008.

Les langues se sont alors peu à peu déliées, au point qu'à l'ouverture du procès ce ne sont pas moins de 18 parties civiles qui étaient présentes dans la salle d'audience, 18 jeunes hommes dont certains encore mineurs.

Le rituel du pervers

Un à un, ces jeunes footballeurs sont venus à la barre témoigner de ce qu'ils avaient subi, et des dégâts psychologiques provoqués par les agissements de celui qui était investi du rôle d'éducateur sportif.

Depuis son arrestation, le prévenu a toujours reconnu les faits : le procureur a décrit le procédé employé par cet homme pour gagner la confiance des garçons qu'il encadrait, un rituel commençant par une coupe de cheveux, suivie d'une douche et d'un essuyage détaillé, voire d'un massage ponctué d'attouchements. Tout cela se déroulait dans des vestiaires fermés à clef.

Peut-être beaucoup d'autres victimes ?

Plus grave : l'homme photographiait ou filmait ses actes avec une montre connectée ou un appareil photo dissimulé : des centaines d'images pédopornographiques ont été relevées sur son ordinateur par les enquêteurs.

Devenus adultes, plusieurs jeunes hommes se sont constitués en groupe de victimes pour faire avancer la lumière sur cette affaire : d'après leurs déclaration à l'audience, il y a eu beaucoup d'autres victimes, qui pour la plupart ne souhaitent pas témoigner publiquement de ce qu'elles ont subi.

Personne n'avait rien vu

L'attitude générale de ce "prédateur sexuel" dans les structures du club de football, entraîneur des jeunes gardiens de but mais aussi un peu "homme à tout faire", toujours prêt à rendre service, a empêché que des soupçons soient éveillés auprès de l'équipe d'encadrement durant ces douze années.

Cet homme de 54 ans est placé en détention depuis son arrestation : devant la gravité des faits reprochés et le nombre de victimes, le procureur de la République a requi une condamnation à 9 ans de prison et qu'il soit maintenu derrière les barreaux.

Ces réquisitions, c'est plus que ce qu'on espérait : on nous avait dit qu'il risquait seulement 3 ou 4 ans et qu'il sortirait vite puisqu'il a déjà fait un an et demi de prison. Nous avons tous été marqués, chacun de façon différente, par ses actes. Son procès et sa condamnation ça va nous aider à passer à autre chose.

Mathieu, 29 ans, partie civile au procès

Le procureur a également demandé pour lui trois ans de suivi socio-judiciaire.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré : le jugement sera rendu le mercredi 4 août prochain.

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