Toulouse : "Âma la vida", un nouveau voyage musical du guitariste de flamenco Kiko Ruiz

Le guitariste toulousain Kiko Ruiz a fait germer un nouveau projet musical, au carrefour du flamenco, du jazz et de la musique orientale. La tournée de début janvier qui devait permettre au public de découvrir ses nouvelles compositions est reportée, mais un album est en cours d'achèvement.

© Cris Flammente

Dès la première semaine de janvier, le guitariste Antonio "Kiko" Ruiz apprenait, le coeur gros, l'annulation d'une tournée d'une dizaine de jours qui devait l'emmener avec un quartet sur les routes du Tarn, pour une série de concerts programmés par la Scène nationale du théâtre d'Albi. Victime comme d'autres musiciens et artistes de la paralysie de la vie culturelle du pays pour cause de crise sanitaire, le Toulousain garde pourtant intacte, contre vents et marées cette flamme qui l'habite et lui brûle les doigts depuis l'enfance. Guitariste, chanteur, compositeur, il est l'auteur d'un projet musical baptisé "Âma la vida" ("Aime la vie") qu'il entendait d'abord défendre sur scène. Si les dates de ses concerts sont pour l'instant annulées, peut-être reportées, Kiko se concentre désormais sur l'enregistrement d'un album auto-produit qui restituera ces nouvelles compositions.

Un carrefour entre jazz, classique, musique orientale et flamenco

"Âma la vida", c'est donc un voyage musical que ce virtuose du flamenco a planifié en compagnie de trois compagnons de route, issus d'horizons différents. Un contrebassiste (Louis Navarro), une violoniste (Sabrina Mauchet), et un percussionniste  (Juan Manuel Cortes) viennent transcender les mélodies de Kiko Ruiz, chantées ou jouées à la guitare. On se laisse embarquer par ces sonorités à base de rythmes flamenco, on dérive au gré des courants : jazz, classique ou sonorités orientales.

"Âma la vida" ("Aime la vie"), c'est un projet qui est né en pleine période de la crise Covid. Alors qu'on aurait plutôt tendance dans un tel contexte à être déprimé, à baisser la tête, c'est un titre qui incite plutôt à la relever, à dire que la vie est belle.

Kiko Ruiz, auteur, compositeur, guitariste de flamenco

Antonio « Kiko » Ruiz, toulousain de naissance,  joue de la guitare flamenca depuis l’âge de 8 ans. Lauréat de plusieurs concours internationaux, il a perfectionné son art au fil des ans, et partagé la scène et les studios d'enregistrement avec de grands noms du flamenco. Son univers musical s'est régulièrement ouvert à d'autres horizons (musique indienne, arabo-andalouse, occitane, duo avec un chanteur syrien, avec une chanteuse israëlienne...).

Plusieurs albums et collaborations artistiques

S'il a mis sa dextérité au service de multiples collaborations artistiques (Pierre Perret, Clémentine Célarié, Victoria Abril, Julia Migenes), Kiko Ruiz a de son côté enregistré quatre albums en studio, avec des compositions et des arrangements personnels  Son nouveau projet musical prendra la forme de nouveaux titres instrumentaux ou chantés. "Ici, on n'est pas dans le flamenco traditionnel, on est dans quelque chose de plus accessible", souligne le musicien. "Il y  des ballades, des rumbas, des influences un peu plus jazz."

Un album auto-produit

Kiko Ruiz occupe une place singulière dans le circuit artistique des "musiques du monde". "Je ne fais pas une musique qui rapporte de l'argent...Les producteurs de disques ne sont pas tellement intéressés par ce que je fais", assume-t-il sans regret. Pour ce nouveau projet, il a privilégié l'auto-production. Et pour enregistrer ce nouvel opus, il a choisi le "home-studio" d'un ami ingénieur du son qui l'accompagne habituellement dans ses tournées.

Auto-produire, ça veut dire tout organiser, et tout financer dans la construction de l'album, sa distribution, sa promotion. Ca m'arrange quelque part, parce que j'ai la liberté de produire comme je veux.

Kiko Ruiz

Kiko et les musiciens qui l'accompagnent dans cette nouvelle aventure sont désormais dans l'attente d'un retour à une vie "normale" d'artistes, faite de concerts, de festivals et de tournées. En attendant un possible report des dates qu'ils devaient assurer en janvier, ils ont en projet d' intervenir dans des écoles de la région pour initier le jeune public aux saveurs riches et variées de la musique flamenca.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
musique culture