Déconfinement : à Toulouse, la réouverture des salles de sport fait le bonheur de leurs adhérents

Ce mercredi 9 juin est une étape marquante dans la stratégie de déconfinement du pays. Salles de sport, piscine ou gymnase, de nombreux pratiquants peuvent enfin reprendre une activité physique en intérieur après des mois de frustration. Dans les salles de fitness, l'heure de la reprise a sonné.

Toulouse : la réouverture des salles de fitness fait le bonheur de leurs adhérents - 9 juin 2021.
Toulouse : la réouverture des salles de fitness fait le bonheur de leurs adhérents - 9 juin 2021. © Eric Coorevits/France TV

Dès l'ouverture ce mercredi matin, le parking de cet espace de fitness de Cugnaux à l'ouest de Toulouse, déborde de voitures et de vélos. Nouveaux pratiquants ou adhérents de longue date, ils sont nombreux à se précipiter sur les tapis de courses, les vélos elliptiques ou les engins de musculation. Après avoir mis pour certains les abdos en hibernation forcée pendant de longs mois.

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Les retrouvailles entre les habitués

Dans les 1.000 mètres carrés de ce bâtiment dédié au fitness, ils et elles suent, ahannent et redoublent d'efforts pour entretenir leur forme, retrouver leurs poids ou leurs copains d'avant le confinement.

Pour Sylviane, la soixantaine fringante, adhérente depuis quatre ans, c'est une libération : "On était heureuses de se retrouver ce matin entre copines. On peut à nouveau se voir, discuter, tout en restant sur nos appareils de musculation... C'est bon pour le corps et la tête. J'ai mal vécu le confinement", confie la retraitée, sourire perçant derrière le masque. "Pendant des mois, je n'ai rien fait à la maison. J'ai un coach qui m'envoyait des programmes mais je n'ai pas su m'y tenir. Demain, je crois que les courbatures vont se faire ressentir, mais je suis tellement contente de revenir ici."

Le retour d'une certaine liberté

A quelques mètres de là, entre deux plaques de plexiglas le séparant de son voisin, Eric déploie jambes et bras du haut de son vélo elliptique. "Je me suis entraîné principalement chez moi, un peu en pratiquant la marche à l'extérieur, mais il y des muscles que je ne sollicitais pas et que je réactive", raconte-t-il tout en poursuivant son effort. "Et puis on a besoin de renouer avec un entraînement régulier, pour moi c'est trois à quatre séances par semaine. Ici, on retrouve des connaissances, on fait de nouvelles rencontres, je préfère payer un abonnement et venir m'entraîner en voyant du monde que de rester chez moi avec mon matériel en restant tout seul. Aujourd'hui, on retrouve une certaine liberté."

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Le "Long train coming" des Doobie Brothers sort plein pot des enceintes et rythme la cadence des forçats des haltères. On croise un militaire de retour d'une mission de quatre mois à l'étranger, non loin d'Amélie, soignante à l'hôpital de Purpan venue se vider du stress ou du blues qu'engendre parfois sa fonction. "C'est un vrai sas de décompression, c'est un peu une drogue", avoue-t-elle au sortir d'une levée d'haltères. "Je viens quatre fois par semaine et le week-end. On est une petite bande d'amis à se retrouver, l'ambiance est conviviale, on s'encourage, on se motive." Certains adeptes sont ici en rééducation. Ils avaient pu accéder occasionnellement aux installations même pendant le confinement sur prescription médicale.

Des protocoles sanitaires toujours en vigueur

Pour Miguel Mestre, gérant de la salle, cette réouverture tant attendue permet de positiver, après une longue période d'expectatives et de colère rentrée. "On ne nous a pas trop pris au sérieux, en nous imposant la fermeture, alors qu'on avait déjà tout mis en place pour respecter des mesures sanitaires : désinfectant, gel hydroacloolique, plexiglas, distances de sécurité". "On continue ces protocoles, poursuit l'entrepreneur, également gérant d'un complexe à Montaudran, "en ayant toujours un suivi des gens qui viennent dans nos salles grâce aux badges d'accès et aux QR Codes."

50% d'adhérents en moins

Mais les mois de fermeture vont peser lourd dans la balance comptable. Sur plus de 1.300 adhérents avant la crise sanitaire, près de la moitié a disparu des radars. Les pertes devraient tourner autour des 430.000 euros. Dettes locatives, charges sociales, remboursement du prêt garanti par l'état... "Les caisses de trésorerie sont exangues, il faut retrouver des adhérents et un rythme d'activité normal", explique le gérant, qui emploie quinze salariés dans ses deux salles de sport.
Pour l'instant, la jauge d'accueil du public est réduite de moitié : 90 personnes en même temps peuvent être accueillies dans les 1.000 mètres carrés de Cugnaux.

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Les cours collectifs de gym reprennent

Dans une des salles collectives du complexe, les cours de gym ont enfin repris. Treize élèves se déhanchent en musique sous les ordres avisés de Christina, coach sportive et co-gérante du lieu. Des retraités, ou des actifs, dont Yasmine infirmière en EHPAD, elle aussi venue pour se changer les idées et oublier "une période d'apocalypse, très dure à traverser".

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Mais ces séances en présentiel continueront d'être diffusées par caméra en "visio", comme pendant le confinement, pour des adhérents qui voudraient continuer l'activité en distanciel, notamment via les C.E de certaines entreprises. "Le coeur de notre métier, ce n'est pas de donner des cours tout seul devant une caméra. Il ne faut pas oublier qu'on a un public de gens seuls qui ont besoin de voir du monde, de parler", conclut Christina. "On est comme eux, on se sent un peu revivre.".

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