Toulouse : le procès du viol collectif sur le parking d'une boite de nuit en 2018 se tient à huis clos

Les faits remontent à septembre 2018. Quatre hommes sont jugés dès ce lundi à Toulouse pour avoir violé une jeune femme âgée de 19 ans à la sortie d'une boite de nuit. Une partie de la scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Le procès se tiendra à huis clos.

Quatre hommes comparaissent à compter de ce lundi pour un viol collectif.
Quatre hommes comparaissent à compter de ce lundi pour un viol collectif. © Karen Cassuto - FTV

La victime est arrivée à la cour criminelle de Haute-Garonne, tête baissée, protégée et accompagnée d'un ami, comme prostrée. Elle semble encore profondément bouleversée par le viol qu'elle a subi en 2018 et souhaitait un huis clos pour préserver son identité.

" Il était indispensable de préserver la sérénité des débats et l'image de la victime ", a précisé son avocate, Me Ravyn Issa, au début de ce procès. Une demande qui a été entendue. Les débats se tiendront à huis clos toute la semaine.

Car les faits sont particulièrement complexes et sordides. Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2018, après une soirée festive et alcoolisée, une jeune fille âgée de 19 ans, dit avoir été violée et agressée par plusieurs hommes en même temps sur le parking de la discothèque le Carpe Diem à Balma vers 6h du matin.

Les prévenus nient les faits

Des faits qui sont filmés et relayés sur les réseaux sociaux.

 C’est comme si, en plus d’avoir subi ce viol collectif, elle avait été violée par le monde entier après la diffusion des images sur les réseaux sociaux.

Me Ravyn Issa

Une affaire qui avait en effet beaucoup choqué les internautes à l'époque. Au total quatre hommes de 21 à 27 ans sont dans le box des accusés cette semaine. L'enjeu sera de déterminer le rôle de chacun dans ce viol en réunion.

Ce matin, la cour examinait l'état de la jeune fille aux moments des faits et entendait des témoins. Certains d'entre eux présents dans la boite de nuit affirment qu'elle était alcoolisée, donc en incapacité de formuler un consentement. Mais d'autres disent l'inverse, et qu'elle était en pleine capacité de ses moyens.

Le consentement et le déroulé exact des événements sont en effet les enjeux de ce procès.

Du côté de la défense, les faits sont moins évidents que ne laissent voir les vidéos. Depuis le début de cette affaire, les prévenus parlent de rapports sexuels consentis et d'une situation qui aurait ensuite dégénéré.

 Ce dossier est complexe. Les images sont parcellaires. Pour mon client le rapport était consenti au départ. Il a fui quand la situation est devenue hors de contrôle.

 Me Robin Sénié-Delon, avocat  d'un des prévenus

Une victime brisée

La victime attend beaucoup de ce procès. « Elle a subi ce viol inhumain et attend de la justice qu’elle la reconnaisse comme la victime qu’elle est. C’est une jeune fille particulièrement vulnérable et encore très fragile. Malgré le temps qui passe, elle n’arrive pas à se reconstruire. Elle est brisée. Elle n’a plus confiance en personne sauf en la justice dont elle attend le verdict pour pouvoir enfin aller de l’avant » , précise Me Ravyn Issa, son avocate.

Les débats devraient durer toute cette semaine. Le verdict est attendu au plus tard vendredi. Les quatre accusés encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

 

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