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Toulouse : des lycéens font revivre l'histoire d'un poilu de 14-18 sur twitter pendant 4 ans

Quelques uns de la vingtaine d'élèves volontaires ayant porté la mémoire de Frédéric B., de 2014 à 2018, et l'enseignant responsable Yann Bouvier / © 2018 - photo: Yann Bouvier
Quelques uns de la vingtaine d'élèves volontaires ayant porté la mémoire de Frédéric B., de 2014 à 2018, et l'enseignant responsable Yann Bouvier / © 2018 - photo: Yann Bouvier

Pendant 4 années, Yann Bouvier, professeur d’histoire-géographie dans un lycée près de Toulouse, a décidé de faire revivre avec ses élèves l’histoire de Frédéric B., poilu de la première guerre mondiale. Anecdotes, photos, récits… une expérience pédagogique unique.

Par Martin Vanlaton

La guerre 14-18 a été commémorée pendant 4 ans pour célébrer les 100 ans de cet événement historique. Documentaires, célébrations officielles, expositions dans les musées partout en France… Près de Toulouse, des lycéens se sont emparés de l’histoire d’un poilu pour retracer sa vie sur le front et en apprendre davantage sur ce fait historique.

Le projet fou d'un prof d'histoire toulousain


Le projet, un peu fou, est né en 2014. Yann Bouvier, alors prof d’histoire-géo au collège Irène-Joliot-Curie de Fontenilles, décide de s’emparer des écrits du poilu pour les partager avec ses élèves.

"Je voulais vraiment faire quelque chose sur les 4 années. J’avais été marqué par les carnets de guerre de Louis Barthas quand j’étais étudiant. L’idée était vraiment de rendre ça humain. Je voulais quelque chose qui se démarque du cours. Je voulais incarner" explique Yann Bouvier.

Muté l’année suivante au lycée Clémence-Royer de Fonsorbes, le professeur poursuit le projet avec les élèves volontaires.

Chaque semaine, la vingtaine de lycéens se réunit pour organiser une séance de lecture des carnets de guerre du poilu. Après celle-ci, ils se saisissent d'anecdotes de son histoire et la résument via des articles et des tweets mais aussi sur un blog dédié.

Par exemple dans ce tweet, les élèves retracent les événements heure par heure de la bataille de la Lys. Rédigés à la première personne, les tweets traduisent le ressenti de Frédéric B.


Twitter : un outil pédagogique d'un nouveau genre


Twitter semble être l’outil parfait pour ce genre de projet : le réseau offre la possibilité de proposer en temps réel le récit du soldat, en synthétisant les mémoires du poilu. Yann Bouvier a donc pu transmettre à ses élèves une expérience unique de la première guerre mondiale. En général, le sujet est abordé en 3 ou 4 heures de cours. Ici, les élèves ont appris sur le temps long et deviennent de véritables passeurs de mémoire. Pour le professeur, "il y a un vrai intérêt mémoriel dans le cadre des commémorations et on donne l’occasion aux élèves de s’investir dans un travail de groupe."

Au fil des tweets, les élèves content donc l’histoire de Frédéric B. pendant les 4 années de guerre, parsemée d’anecdotes puisées dans les écrits du poilu. De 2014 à 2018, plus de 1700 tweets ont été publiés, 95 articles et de nombreuses photos restaurées et colorisées.

Yann Bouvier a monté ce projet pour montrer à ses élèves (et au plus grand nombre) la guerre à hauteur d’homme. Une expérience pédagogique unique qui a marqué les esprits, comme le confirme Servane Martinez qui a participé au projet en 2015 : "Ça m’a appris beaucoup plus de choses sur la guerre : la vie dans les tranchées et l’histoire d’un poilu . Il y avait le côté émotionnel aussi."


Frédéric Branche : un soldat hors du commun


Après avoir étudié plusieurs mémoires de soldats, le professeur a jeté son dévolu sur Frédéric Branche. "Il y a une vraie dimension psychologique dans ses écrits. Il nous dit ce qu’il pense, ce qu’il ressent. Il a connu plein de moments clés de la guerre." Frédéric Branche est né le 1er octobre 1894 à Lyon. En 1914, le jeune homme est appelé sur le front, à 20 ans à peine et décide d'écrire sur le papier son expérience.

Le dimanche 9 juin 1918, Frédéric Branche meurt à 23 ans. Et pour faire vivre l'expérience aux élèves à 100%, l'identité du soldat leur a été révélée en temps réel, à savoir le 9 juin 2018, 100 ans jour pour jour après la mort du soldat. "Ils ne s’y attendaient pas vraiment. Il y a eu de la surprise, de l’émotion de la part de certains élèves" relate le professeur. Servane le confirme : "Il nous a gardé "la surprise" jusqu’à la fin. Je pensais qu’il n’allait pas mourir. J’étais vraiment surprise."


"Instructif, pédagogique, mobilisateur, émouvant, exemplaire"


Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a lui aussi tenu à souligner le travail accompli pendant les 4 années par les élèves et leur professeur. "C'est beaucoup de fierté et beaucoup de joie de partager cette reconnaissance avec les élèves" explique-t-il. Bien evidemment, les compliments du ministre ont été envoyé... via un tweet ! 


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