Toulouse La Reynerie : non-remplacement, insalubrité, les parents d'élèves occupent l'école Daurat

A Toulouse, plusieurs dizaines de parents d'élèves ont occupé mercredi matin l'école primaire Didier Daurat, située dans le quartier de la Reynerie, pour protester contre le non remplacement des enseignants absents et contre l'insalubrité de l'établissement.  

Excédés de n'être écoutés ni par les services de l'académie, ni par la mairie de Toulouse, ils ont investi l'école mercredi matin à l'ouverture des classes. Soutenus par la FCPE, dont sa présidente départementale Hélène Rouch présente sur place, plusieurs dizaines de parents d'élèves ont occupé pendant une partie de la matinée l'école primaire Daurat.


Ils entendaient ainsi d'abord protester contre le non remplacement des enseignants lorsqu'ils sont absents.

C'est un problème récurrent dans de nombreuses écoles de la Haute-Garonne où les situations deviennent explosives. L'absence de remplacement est d'autant plus durement ressenti lorsque l'école est petite. C'est le cas de l'école élémentaire Dauriat, qui compte 7 classes. Or, lorsqu'un enseignant est absent, pour maladie, formation ou tout autre motif, ses élèves sont répartis dans les autres classes. "Et lorsque deux enseignants sont absents en même temps", déplore l'un deux, "ce sont entre 6 et 10 élèves qui sont envoyés faire de la figuration dans chacune des autres classes".

Comme dans quelques autres écoles toulousaines, un "compteur des absences" a été mis en place devant l'école par le corps enseignant décidé de jouer la transparence vis à vis des parents. Le compteur de l'école Dauriat indique 24 demi-journées non remplacées depuis le début du mois de février. C'est beaucoup trop pour les parents d'élèves, qui ont décidé de le faire savoir à la direction académique.

"C'est à l'inspectrice de circonscription, qui n'a pas voulu se déplacer ce matin, et au directeur académique des services de l'éducation nationale de régler le problème, regrette Hélène Rouch", la présidente départementale de la FCPE. "Certes, convient-elle, on nous a annoncé 190 postes d'enseignants supplémentaires dans les écoles de la Haute-Garonne pour l'an prochain, dont 35 à 50 dédiés aux remplacements, mais que fait-on en attendant la prochaine rentrée ?"


Ils entendaient ensuite protester contre l'insalubrité de l'école et l'absence de sécurisation des travaux autour de l'établissement.

"Il y a des fuites d'eau dans les plafonds des classes", témoigne Fatima Hebal, la représentante FCPE des parents d'élèves de l'école. "Des seaux doivent être disposés dans les classes lorsqu'il pleut". Par ailleurs, s'indigne-t-elle, "on ne peut plus ouvrir les fenêtres et lorsqu'arrivent les grandes chaleurs, nos enfants transpirent. Or la mairie n'a rien trouvé de mieux que de fournir un ventilateur par classe !". La mairie de Toulouse ne voudrait également, selon elle, rien savoir de l'absence de sécurité en raison de travaux autour de l'école. Ce que confirme la présidente départementale de la FCPE : "Rien n'est sécurisé. Les engins de travaux passent à tous moments y compris lors de l'entrée ou de la sortie des classes". Avant de conclure :

"C'est malheureux que les parents en arrivent à bloquer l'école pour être entendus. C'est relativement grave de devoir en arriver à faire des blocages pour trouver des solutions".


Au chapitre des solutions non encore apportées sur place, la réparation de la totalité des dégâts occasionnés le 9 novembre dernier à l'école Daurat lorsqu'un feu de poubelles s'était propagé à sa façade provoquant la fermeture provisoire de l'établissement. Une polémique avait alors éclaté au sujet de la suppression par la ville du poste de gardien. Aujourd'hui, la façade a bien été en partie repeinte, mais une classe demeure toujours condamnée.