Toulouse : polémique autour de la vente de la caserne Vion

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"Non à la vente de la caserne Vion à Toulouse !" Depuis deux semaines, une pétition a été lancée en ligne contre la vente de la caserne Vion. La vente de ce patrimoine classé "monument remarquable" a été voté lors du conseil municipal, le 1er avril dernier. La ville y voit une manœuvre de l'opposition.

"Non à la vente de la caserne Vion ! Non à la vente du patrimoine historique de Toulouse !" Les 89 signataires de cette pétition, à la date du 25 avril, reprochent à la mairie de Toulouse d’avoir mis en vente ce bâtiment emblématique "sans qu’aucune espèce de concertation n’ait lieu sur le sujet". Ces habitants du quartier St-Cyprien s’opposent "fermement à la braderie historique de la ville pour que cela bénéficie (encore) à des opérateurs privés".

Une pétition relayée sur les réseaux sociaux par le groupe des élus écologistes de Toulouse.

Sacha Briand, élu et chargé des finances et du patrimoine communal à la mairie de Toulouse, se dit "dépassé par ce genre de polémique", tenue selon lui par les élus de l’opposition. "On nous reproche de vendre les bijoux de famille. Non ! Nous on vend du vieux qui sert à rien pour acheter du neuf qui est utile".

"Une perle patrimoniale qui doit rester dans le domaine public"

Pour les habitants du quartier St-Cyprien qui ont lancé cette pétition en ligne, la mairie  de Toulouse doit rester propriétaire de la caserne Vion. Ce bâtiment colossal, à l’architecture remarquable a vu évoluer plusieurs générations de pompiers. "Il doit y avoir une vision stratégique et de long terme, qui se préoccupe de l’intérêt public et pas seulement un calcul comptable ou une logique de rentabilité par des groupes privés !"

L’élu Sacha Briand dit ne pas comprendre cet argument de "ne pas tomber dans le domaine privé"

La caserne n’est pas ouverte à tous, explique-t-il. "C’est d’une part du logement pour les pompiers, un usage privé, et c’est également un équipement de secours qui n’est pas ouvert au public. Aujourd’hui elle est fermée au public, c’est purement doctrinaire et cela est sous tendu par une action et un discours politique."     

"Créer un pôle de services publics et de logements"  

Construite de 1996 à 1972 sur les plans de l’architecte toulousain Pierre Debeaux, et protégée au titre d’architecture contemporaine remarquable depuis 2019, les habitants signataires de la pétition souhaitent que "cette perle patrimoniale reste dans le domaine public. C’est un ensemble immobilier exceptionnel qui offre des possibilités immenses pour y développer un grand pôle de services publics, qui pourrait être concerté avec les habitantes et habitants pour coller aux besoins du quartier".

"L’ensemble est composé notamment de 85 logements qui étaient destinés à l’hébergement des pompiers et qui pourraient maintenant être rénovés en logements sociaux, d’une halle d’environ 1200m², d’un amphithéâtre de 110m², d’un bâtiment à usage mixte de bureaux et de logements d’environ 3100m² sur les allées Charles de Fitte, d’un gymnase de 350m², d’une piscine et d’une fosse de plongée, d’une tour de séchage, d’un parking sous-terrain de 2 niveaux".

En première intention explique Sacha Briand, la municipalité avait l’idée de maintenir l’usage existant en y implantant le poste de la police municipale "mais nous n’avons pas eu l’autorisation du préfet pour pouvoir avancer sur cette piste", explique l’adjoint au maire.

"On a engagé et recherché les usages que l’on pouvait faire de cette architecture extrêmement contrainte. Un bâtiment qui est fait pour accueillir une caserne, on ne transforme pas une caserne en crèche de manière aisée. Ce que je vois dans cette pétition c’est le discours que tiennent les élus de l’opposition au conseil municipal Quand on veut changer la destination d’un tel bâtiment, cela vous coûte trois fois plus cher que faire du neuf".

Appel à projet

Certaines parties de la caserne sont classées et ne pourront pas être détruites. Sa galerie formée de voûtes sur pilotis le long de la cour d’honneur devra être conservée. Des contraintes techniques "épouvantables et couteuses" pour la mairie de Toulouse

La caserne est encore occupée, elle devrait être désaffectée en 2024. Aussi la municipalité explique prendre les devants en lançant d’ores et déjà un appel à projet.

"Il nous a paru intéressant de lancer un appel à projet, après on verra ce que les promoteurs, opérateurs, les aménageurs vont nous proposer. Il y a un certain nombre de logements sur ce site, tous ces logements vont très certainement s’intégrer dans un projet de logement et naturellement derrière cela du logement social. C’est une dimension essentielle de ce programme."

Les signataires revendiquent que la mairie de Toulouse :  

  • reste propriétaire de ce patrimoine toulousain
  • s’engage dans un travail de co-construction avec les habitants du quartier St-Cyprien et les acteurs associatifs et économiques pour créer un pôle de services publics ainsi que des logements adéquats aux besoins du quartier.  

"Quand on dit que l’on va vendre ce site, derrière l’argent que l’on en tire on ne va pas le distribuer à des actionnaires! Cela va servir à financer les 280 millions d’investissement dans le domaine scolaire ou dans la petite enfance et cadre de vie", précise Sacha Briand.

L’architecture de la caserne Vion est monumentale avec 85 appartements, une halle en béton, un amphithéâtre, une piscine une fosse de plongée. Elle a longtemps été l’une des plus importantes de France avec plus de 11000 interventions réalisées chaque année.    

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