Toulouse : des professionnels de santé réclament le droit d'être vaccinés au plus vite

A Toulouse, des professionnels de santé demandent à pouvoir accéder rapidement à la vaccination anti-Covid, mettant en avant les risques élevés de contamination liés à leurs métiers. 

Premières vaccinations contre le Covid pour le personnel soignant et les médecins de l'hôpital de Narbonne.
Premières vaccinations contre le Covid pour le personnel soignant et les médecins de l'hôpital de Narbonne. © Philippe Leblanc/MaxPPP

Le 2 janvier, le ministre des solidarités et de la santé, a ouvert la vaccination anti-Covid aux professionnels de santé libéraux de plus de cinquante ans. Mais cela ne suffit pas, pour certains. 

L'Union dentaire, par exemple, alerte sur la nécessité d'ouvrir le plus vite possible l'accès au vaccin à tous les chirurgiens-dentistes. Dans un communiqué en date du 4 janvier, le syndicat explique que "l’exercice dentaire comporte des risques élevés de contamination du fait de son activité en bouche sur des patients ne portant pas de masque. Les chirurgiens-dentistes et les assistant(e)s dentaires travaillent depuis plusieurs mois avec des équipements de protection individuels contraignants entraînant fatigue et pénibilité". Il convient donc, selon l'Union dentaire, de vacciner ces professionnels prioritairement et sans limite d'âge. Sans oublier le personnel dentaire, concerné lui aussi en premier lieu.

Une demande officielle de rendez-vous au ministère de la santé a été faite pour discuter de cette possibilité, selon l'Union dentaire, l'un des trois syndicats représentatifs de la profession.

"Où sont les vaccins ?"

D'autres professionnels de santé se sont également émus de se voir refuser - pour le moment - l'accès au vaccin. C'est le cas d'Hélène Calmettes, biologiste dans la région toulousaine. Professionnelle de santé de plus de 50 ans, exposée tous les jours au virus, elle a souligné à plusieurs reprises sur son compte Twitter son incompréhension face à l'impossibilité de se faire vacciner. Répondant à un internaute qui se désolait de ne pouvoir être vacciné dans le CHU de sa ville, elle répondait lundi 4 janvier : "Ici le CHU de Toulouse n'a pas ce dilemme, il n'a pas commencé les vaccinations".

Biologiste pharmacienne à Beauzelle, en Haute-Garonne, Hélène Calmettes a écrit à l'ARS (agence régionale de santé) d'Occitanie, lundi 4 janvier, indiquant qu'elle rentrait dans le cadre de l'extension annoncée par le ministre de la santé. La réponse, qui ne s'est pas fait attendre, a été la suivante : un centre de vaccination va ouvrir cette semaine à l'hôpital de Toulouse, pourront y être vaccinées les personnes munies d'une ordonnance de leur médecin traitant. "Donc il faut une consultation pré-vaccinatoire ! Cela complique les choses. Sans compter toutes les personnes qui n'ont pas de médecins traitants ! Comment vont-elles faire ?"

Le gouvernement devrait avoir à l'égard des professionnels de santé un minimum de respect.

Hélène Calmettes, biologiste

Vaccination étendue mais "pas suffisante"

Hélène Calmettes estime qu'il est de son devoir aussi de donner l'exemple vis-à-vis de ses collaborateurs. Mais comment inciter les gens à se faire vacciner, si l'accès à cette vaccination n'est pas facilitée, se demande-t-elle.

Face à l'avalanche de critiques sur la lenteur de la campagne de vaccination en France, le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé ce mardi 5 janvier certains aménagements : de nouvelles catégories de la population pourront se faire vacciner plus tôt que prévu, comme les Français de plus de 75 ans, et ce, avant fin janvier, même si ils ne sont pas résidents d'un Ehpad. De même, la vaccination est désormais élargie aux pompiers et aides à domicile de 50 ans et plus. 

Des annonces qui risquent fort de ne pas apaiser les professionnels de santé en demande d'une vaccination beaucoup plus large.

 

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