Toulouse et sa région : journée noire annoncée jeudi 5 décembre

Plusieurs milliers de personnes ont défilé le 10 septembre dernier contre la réforme des retraites et pour les salaires / © MaxPPP
Plusieurs milliers de personnes ont défilé le 10 septembre dernier contre la réforme des retraites et pour les salaires / © MaxPPP

Ecoles, transports, hôpitaux, pompiers, policiers, services publics de tous ordres... le ralliement à la grève du jeudi 5 décembre pourrait être massif. Quel impact aura-t-il sur votre journée, au travail, à l'école, dans les transports ? Tour d'horizon au plan local.

Par Christine Ravier

La réforme des retraites cristallise beaucoup de critiques. Ce jeudi 5 décembre, les salariés pourraient être nombreux à débrayer. C'est ce qu'annoncent les syndicats du public comme du privé. La CGT, FSU, FO, Solidaires, la CFE-CGC appellent à manifester. La CFTC ne se prononce pas. La CFDT a, elle, fait le choix de se tenir à l'écart.

Dans les transports, le trafic risque d'être très perturbé. Par précaution, la SNCF a choisi de stopper ses ventes du 5 au 8 décembre en raison d'un appel à la grève illimité de 3 syndicats (CGT, UNSA et SUD).
 

SNCF : à guichets fermés...


Aucun billet n'est disponible pour cette période. Mardi après-midi, les directions nationales et régionales prévoient de faire un point sur les prévisions de trafic. L'embolie du trafic routier est un risque non négligeable dans ce contexte, notamment dans l'agglomération toulousaine.

D'autant que chez Tisséo, 3 syndicats ont lancé des préavis. Ils suivent l'appel national qui concerne le transport urbain et routier de voyageurs, de marchandises et de fonds. Mais pas de perturbation attendue dans le métro toulousain, les rames étant télécommandées.
 

Nuageux côté ciel


Dans le secteur aérien, les syndicats de personnels navigants n'ont pas appelé à la grève. En revanche, trois syndicats d'Air France de personnels au sol ont déposé des préavis.

Et surtout le deuxième syndicat des contrôleurs aériens, l'USAC-CGT, appelle à faire grève de jeudi à samedi. Cela pourrait entraîner des retards voire des annulations de vols. Les ambulanciers, déménageurs et taxis sont également concernés.
 

Education : vers une mobilisation historique ?


La plupart des syndicats enseignants - Snes-FSU, SNUipp-FSU, FO, SE-UNSA, Snalc - appellent les 900.000 enseignants du premier et second degré à faire grève jeudi. Le syndicat enseignant du primaire SNUipp-FSU prévoit la fermeture de 10 à 20 % des écoles.

"On s'attend à une mobilisation très forte, quasiment historique, prévient Pierre Priouret, secrétaire général du SNES-FSU de l'académie de Toulouse. Ponctuellement, les établissements préviennent les familles que les internats et les cantines seront fermés faute de personnel pour accueillir les jeunes". 

Effectivement des appels à la grève ont été lancés chez les ATSEM ou les personnels de cantine. Les syndicats lycéens FIDL, UNL, MNL et le syndicat étudiant UNEF participent au mouvement.
 

Hôpitaux : rebelote


Dans les hôpitaux, le combat continue... Les urgences seront concernées malgré l'annonce récente du plan de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, les syndicats CGT, FO et Sud et le collectif Inter-Urgences appellent à la grève le 5 décembre. A noter : les internes appellent, eux, à la grève le 10 décembre. Le 17, une nouvelle journée d'action à l'hôpital est programmée.

Dans la police, les commissariats de la région seront en service minimum dès la nuit du 4 au 5, puis jeudi de 10 à 15 h. "Le service se fera a minima, confirme Didier Martinez, secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police Occitanie.

Police : grève du zèle pour être vu


On n'a pas le droit de grève mais au même titre que dans les commisssariats, des perturbations sont prévues par la police de l'air et des frontières à l'aéroport de Blagnac. Seules les urgences seront traitées. Les procédures prendront 24h de retard".

"Pas de contraventions, pas de sorties, explique Philippe Lavenu, délégué Alliance Occitanie. Dans 2 points de la région, on mènera des actions de zèle de 10 à 15h. On contrôlera les personnes, les véhicules, les passeports sans verbaliser mais dans le but de perturber le trafic et se rendre visible".

"Le 2 octobre dernier, poursuit le syndicaliste, 27.000 policiers étaient dans la rue à Paris, mais il n'y a eu aucune réaction concrète du gouvernement. Non seulement, on nous traite avec mépris en nous imposant le paiement des heures sup' au tarif horaire d'un employé de ménage, mais on nous dit aussi que quoi qu'il advienne, notre régime de retraite passe au régime général".

On multipliera les opérations de zèle si jeudi ça ne suffit pas, prévient encore le délégué syndical.


Sur le plan judiciaire, le syndicat de la magistrature appelle à la grève. Quant aux avocats, le conseil national des barreaux a voté une journée "justice morte". Autres secteurs concernés : le ramassage des ordures, La Poste et la fonction publique territoriale.

Journée compliquée en perspective dans la région... Evènement rare sur le plan social, un consensus semble être trouvé. 
 

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