Toulouse tisse le fil de la fusée Ariane depuis 40 ans

Un décollage d'Ariane 5 / © Maxppp
Un décollage d'Ariane 5 / © Maxppp

Il y a 40 ans, le premier lanceur Ariane s'élançait dans le ciel de Kourou. 250 lancements plus tard, le futur lanceur européen Ariane 6, qui volera en 2020, doit faire face à une forte concurrence mondiale. Une histoire étroitement partagée par la ville de Toulouse.

Par VA.

Il est 14h13 heure locale ce 24 décembre 1979. Après de multiples péripéties, Ariane 1 décolle du pas de tir de Kourou, en Guyane française, pour son vol inaugural.
Le bébé fut conçu par l'agence spatiale européenne (ESA) en 1973.

Elle en confie alors la maîtrise d'oeuvre à un responsable unique, le Centre national d'études spatiales (CNES) 
    
L'enjeu était de taille : les Etats-Unis venaient de lancer leur programme de navette spatiale en annonçant qu'elle permettrait un coût de lancement cinq fois moins cher que les lanceurs conventionnels, appelés à disparaître. 
    
Ariane devait démontrer le contraire. 
   

Le fil d'Ariane 


Sous responsabilité française, plus de 50 entreprises originaires de 10 pays travaillent à la réalisation du nouveau lanceur baptisé Ariane, en référence au fil de la mythologie grecque, "celui qui allait nous sortir du labyrinthe de la complexité des discussions européennes", selon Gérard Brachet, ancien ingénieur puis directeur du CNES.
    
Avec Ariane 1, pour la première fois dans le monde occidental, le monopole américain sur le lancement des satellites est entamé.

L'Europe acquiert son indépendance et s'installe sur l'échiquier spatial mondial. 
    
L'aventure Ariane et ses cinq générations fut globalement un succès en dépit de quelques échecs, comme celui de la première Ariane 5 qui a explosé en vol.
    
D'Ariane 1 à Ariane 5, la puissance de charge transportée a été multipliée par 10.
    
Mais Ariane est confrontée depuis quelques années à une concurrence bien plus sévère, essentiellement celle de l'Américain Space X, qui défie la compétitivité européenne avec son lanceur réutilisable et bénéficie de puissantes commandes institutionnelles.
    
La contre-attaque s'appelle Ariane 6 : le futur lanceur, qui volera en 2020, promet plus de compétitivité grâce à une rationalisation drastique des coûts de fabrication. 
    
Ariane 6 sera en outre polyvalente avec un moteur réallumable permettant de déposer, au cours d'une même mission, plusieurs charges à des orbites différentes ; une souplesse prisée des clients à l'heure de la multiplication des satellites miniatures et de leurs applications (météorologie de l'espace, géolocalisation, objets connectés..). 

Le fil toulousain de la fusée Ariane

C'est à Toulouse que le Centre national d'études spatiales (CNES), maître d'oeuvre d'Ariane, rassemble depuis 1968 les moyens consacrés aux satellites, fusées-sondes et ballons.

C'est également à Toulouse que les cases à équipement de la fusée Ariane ont été fabriquées jusqu'en 2000. Une activité que la métropole perd au profit de Brême (Allemagne) lorsqu'Astrium se restructure et devient Airbus Defense & Space. C'est alors la fin des lanceurs sur le site de Toulouse (ex Matra Marconi Space). 

Mais depuis, Toulouse continue de founir à la fusée Ariane le carburant indispensable à ses boosters. Ces super réservoirs de poudre nécessaires à 90% de la poussée au décollage durant les 140 premières secondes, sont remplis à 68 % de perchlorate d'ammmonium, mis au point sur le site toulousain (classé Seveso) d'ArianeGroup (ex Airbus Safran Launchers) en bord de Garonne.

Enfin, l'empreinte toulousaine d'Ariane se retrouve chez Telespazio France. Cette société, en partie italienne (groupe Leonardo) et française (Thales), emploie plus dde 250 salariés à Toulouse. Telespazio est notamment responsable de la maintenance, de l’exploitation opérationnelle et de la mise en configuration de l’ensemble des infrastructures sols sur le site de lancement d'Ariane depuis le Centre Spatial de Kourou (Guyanne).

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