Tournée vers l'international, l'école d'économie de Toulouse refuse l'étiquette "libérale"

L'attribution du prix Nobel d'économie à Jean Tirole rejaillit sur la Toulouse School of Economics (TSE) où il enseigne. Une école "qui sait parler au monde" selon l'un de ses collègues. 

L'école d'économie de Toulouse, pardon la "Toulouse School of Economics", in english dans le texte, est la première (après l'intéressé bien-sûr) a bénéficié du retentissement mondial du prix Nobel d'économie décerné lundi 13 octobre à son directeur Jean Tirole. Cette école, rattachée à l'Université Toulouse 1 Capitole et installée à l'ancienne manufacture des tabacs à Toulouse avant son prochain déménagement dans des locaux tout neufs (mais dont le chantier a pris du retard) quai Saint-Pierre, voit ainsi sa notoriété brusquement augmenter en France. Elle est pourtant déjà une référence dans le monde.

"C'est une école très internationale, explique Augustin Landier, professeur à la TSE, tant dans son recrutement que dans la composition de ses enseignants chercheurs. Elle s'inscrit dans le jeu international de la science pour parler au reste du monde, comme cela a été fait dans les sciences dures. Très tôt, nous avons eu cet objectif de publier en anglais et de faire de la recherche qui soit aux standards internationaux. Mais nous ne sommes pas une chapelle, le monde scientifique ne fonctionne d'ailleurs pas comme une chapelle. 

C'est un peu par accident que nous sommes à Toulouse"


Jean-Jacques Laffont (ami et mentor de M. Tirolendlr) a commencé ses travaux à Toulouse et c'est un peu par accident que nous sommes à Toulouse. Ce n'est pas par régionalisme. Dans les universités américaines, il est naturel d'avoir de grands pôles de recherche un peu excentrés, comme c'est le cas de l'université de Princeton par rapport à New York. Pour nous, ce qui est important, c'est que notre recherche soit reconnue au niveau mondial et que nos articles soient publiés dans les bonnes revues."

 

On pourrait penser que quand une école est tournée vers l'international, elle est plutôt libérale, mais ce n'est pas le cas."


Les enseignants réfutent que cette école soit politisée. Même si l'économie est forcément un secteur où les hommes politiques viennent chercher des idées, des concept, parfois une pensée. "Jean Tirole, explique Augustin Landier, a été récompensé pour ses travaux dans le domaine de l'organisation industrielle et dans la théorie des mécanismes d'incitation et des asymétries d'information. Le problème de l'organisation industrielle, c'est que la concurrence ne fonctionne pas seule. Le thème commun, c'est que les marchés ne fonctionnent pas tous seuls et qu'il faut un régulateur. Il faut réguler le monopole dans la situation où les marchés fonctionnent mal pour faire en sorte que le consommateur ne soit pas lésé. Il faut une autorité indépendante du monde politique pour assurer cette régulation. Mais l'école de Toulouse n'est pas politisée. On pourrait penser que quand une école est tournée vers l'international, elle est plutôt libérale, mais ce n'est pas le cas."