“Tous pour Twiga” : l’opération crowdfunding du muséum de Toulouse

La girafe d'Abyssinie du muséum de Toulouse est exposée depuis l'ouverture du musée, en 1865 / © Frédéric Gaillard
La girafe d'Abyssinie du muséum de Toulouse est exposée depuis l'ouverture du musée, en 1865 / © Frédéric Gaillard

Pour ses 150 ans, le muséum de Toulouse lance une opération d'envergure : faire financer la naturalisation d'une nouvelle girafe. Pour mener à bien cette campagne, il doit récolter 15 000 euros.

Par Cécilia Sanchez

Pour son 150ème anniversaire, le muséum de Toulouse veut se faire offrir un très beau (et cher) cadeau : une nouvelle girafe naturalisée, pour tenir compagnie à l'emblématique girafe d'Abyssinie présente au musée depuis 1865. Pour financer la naturalisation de nouvelle arrivée baptisée "Twiga", le muséum lance une campagne de financement participatif ou crowdfunding, une grande première pour un musée toulousain. Twiga vient d'Afrique du Sud, c'est un grand mâle haut de 5,40 mètres. La peau a été achetée en Belgique, pour 4 000 euros.

A partir d'aujourd'hui lundi 14 septembre jusqu'au 27 novembre, le musée compte récolter 15 000 euros de la part du public, sur les 25 000 nécessaires au total pour naturaliser Twiga. Pour chaque don, un cadeau est offert. Par exemple, si vous donnez 5 euros, vous obtiendrez en échange un remerciement et une place pour la soirée d'inauguration du 30 novembre 2015. En sachant que vous obtenez 66% de déduction de votre impôt sur le revenu.

Pourquoi le crowdfunding ?

Il s'agit surtout de mobiliser le public. Et tant qu'à faire, économiser quelques sous.
 L'adjoint au maire de Toulouse, en charge des musées Pierre Espuglas (LR) indique qu'à l'origine du projet, il y a deux idées : "associer les Toulousains à leur patrimoine et dans un contexte de diminution des ressources, trouver de nouvelles formes de financement, car il est plus difficile de financer ces opérations. Aujourd'hui, il faut faire preuve d'inventivité", détaille-t-il. "Le secteur du musée comme les autres doit réduire ses dépenses de fonctionnement." Il envisage la même méthode de financement pour "un lieu emblématique du patrimoine toulousain" sans préciser lequel pour le moment. "Nous allons d'abord tirer les leçons de cette première expérience avant de se lancer", explique-t-il.
Il faudra attendre près d'un an avant que Twiga soit exposée. Avant ça, il y a plusieurs étapes :
  1. Pendant les deux premières semaines de décembre : le traitement de la peau : il faut la rendre imputrescible et stable à long terme.
  2. Un mois de séchage
  3. De février à mars, la sculpture d'un mannequin en polyéthylène (6000 euros) qui reproduit la silhouette en mouvement et le montage en public pour positionner la peau sur le mannequin et le coudre. Il s'agit de faire découvrir la taxidermie contemporaine
Dans l'atelier de taxidermie de Toulouse, les mannequins sont habillés de la peau nettoyée des animaux / © Christian Nitard
Dans l'atelier de taxidermie de Toulouse, les mannequins sont habillés de la peau nettoyée des animaux / © Christian Nitard
Ce n’est pas la première fois qu’un muséum fait appel aux dons des citoyens. En juillet dernier, le muséum d’histoire naturelle de Lille (MHN) a récolté 11 800 euros de la part de 170 mécènes sur les 7 000 euros demandés. Le but ? Financer la restauration de la grande verrière, qui abrite une trentaine d’animaux naturalisés et qui a été détériorée dans un dégât des eaux en 2002 et fermée au public depuis.

Avec un succès financier pareil, la méthode est alléchante... 


Girafe du muséum de Toulouse

 

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