VIDEO. "Rien n'existe dans le monde à cette échelle" : un centre révolutionnaire pour former les secouristes à affronter toutes les catastrophes

Le premier centre de simulation environnementale, émotionnelle et sensorielle dédié à la médecine de catastrophe ouvre ce jeudi 25 avril sur le site de l’hôpital Purpan du CHU de Toulouse (Haute-Garonne). "Sens", c'est son nom est un projet unique au monde. Le Dr Benoît Viault, médecin urgentiste, nous explique pourquoi.

Sur 140 m2, le nouveau centre de simulation environnementale et neurosensorielle du CHU de Toulouse va présenter toutes formes de conditions climatiques, d’environnement visuel et même d'odeurs liés à des catastrophes. Objectif : entraîner soignants et secouristes professionnels à gérer leur stress dans des environnements où règne le chaos. Benoit Viault, urgentiste à Toulouse, a accepté de répondre à nos questions. En vidéo, le reportage de Juliette Meurin et Christian Galet.

durée de la vidéo : 00h00mn29s
Le centre de simulation des catastrophes "Sens" destiné à entraîner les médecins et sauveteurs ouvre à Toulouse ce 25 avril. ©FTV

France 3 Occitanie : Quel est l'intérêt de ce centre ?

Dr Benoît Viault : C'est un centre qui va nous permettre de recréer les conditions climatiques de n'importe quelle situation de catastrophe : catastrophes naturelles, tremblements de terre, tsunamis, tempêtes tropicales, inondations de manière un peu partielle, et également, les catastrophes liées à l'activité humaine, que ce soit l'accident industriel, chimique, nucléaire, biologique, attentat terroriste potentiellement. 

France 3 Occitanie : A qui ce centre s'adresse-t-il ?

Dr Benoît Viault : Ce centre s'adresse à tous les premiers répondeurs de la catastrophe :  les équipes médicales et paramédicales du SAMU, les pompiers, les forces de l'ordre et l'armée. On va avoir beaucoup de travail aussi de recherche et de formation avec des partenaires associés, que ce soit les astronautes via le centre de médecine spatiale de Toulouse, les équipes humanitaires ou potentiellement les différentes personnes amenées à intervenir dans des milieux un peu périlleux, en haute montagne, en milieu isolé, un petit peu partout.

Ce qui change pour eux, c'est ces conditions environnementales et climatiques. C'est simple d'apprendre à poser un garrot. Ça ne l'est plus de le poser correctement dans des conditions où ils vont être stressés, non seulement émotionnellement mais aussi sensoriellement, avec du vent, de la pluie, du bruit, des odeurs qui ne sont pas celles qu'on a sur le travail au quotidien. Donc c'est cette stimulation et ce travail en conditions qui va nous permettre de mettre les gens au plus proche de la réalité, à la fois pour avoir une meilleure vue, une meilleure efficacité, surtout une meilleure adaptation, une meilleure résilience et également, dans un cadre annexe, de prévenir l'apparition de stress post-traumatique.

France 3 Occitanie : Qu'est-ce qu'il a d'unique au monde ?

Dr Benoît Viault : Ce qui est unique au monde, c'est son dimensionnement. C'est-à-dire qu'on a un outil qui nous permet de former plusieurs équipes, entre 15 et 20 personnes, de manière contrôlée. C'est aussi sa polyvalence : on peut simuler toutes les conditions et toutes les catastrophes potentielles. Ça, pour l'instant, c'est quelque chose qui n'existe pas. Il y a des centres qui en modélisent une ou deux ou à l'extrême, un centre aux États-Unis de plusieurs hectares qui est polyvalent.

Mais en tout cas, il n'y a rien qui existe dans le monde à cette échelle qui nous permet de former des équipes aux situations auxquelles elles vont être confrontées sur le terrain. C'est toute la chaîne de secours, ça ne s'adresse pas qu'aux soignants, les pompiers, les forces de l'ordre et toutes les personnes qui vont être impliquées dans cette réponse.

L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité