Violences policières : les syndicats sont dépités face aux annonces de Christophe Castaner

Lors de sa conférence de presse, Christophe Castaner a annoncé plusieurs mesures. Notamment l'abandon de la méthode dite de "l'étranglement" et une "suspension systématique en cas de soupçon avéré d'actes ou de propos racistes". A Toulouse, les syndicats Unité SGP et Alliance sont désabusés.

Le ministre de l'intérieur Christophe Castaner et Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale (DGPN).
Le ministre de l'intérieur Christophe Castaner et Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale (DGPN). © L.Marin / AFP

Plusieurs rassemblements contre le racisme et les violences policières ont réuni 23 000 personnes en France. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a tenu, lundi 8 juin, une conférence de presse au "sujet de la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre".

"Il n’y a pas d’institution raciste ou de violence ciblée", a souligné Christophe Castaner. "Ces dernières semaines, trop ont failli dans leur devoir républicain,  je veux une tolérance zéro contre le racisme dans notre République", a insisté le ministre de l'intérieur lors de sa conférence de presse.

 

 

Une exigence absolu des deux côtés

 

Selon Didier Martinez du syndicat Unité SGP police, ces annonces sont très mal vécu par les ploiciers :

Par rapport aux remontées du terrain, les policiers sont dépités et trouvent cela injuste. On dénonce l'absence de présemption d'innoncence. Lorsqu'un policier subit des outrages, c'est généralement classé sans suite. Et là, il va y avoir des mesures prises contre les policiers. Il faut une exigence absolu des deux côtés.

"Si de tels comportements sont avérés, ils doivent être sanctionnés. Mais ils sont totalement marginaux et accuser l'institution, c'est accuser cette très grande majorité de policiers femmes et hommes qui œuvrent au quotidien au service de la population sans distinction de couleur de peau, d'origine ethnique ou de religion", insiste Didier Martinez.

Philippe Lavenu du syndicat Alliance revient sur la phrase de Christophe Castaner "Une suspension soit systématiquement être envisagée pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes" et dit "qu'il invente un nouveau concept juridique".

Cela n'existe pas et il bafoue la présomption d'innoncence. Quand on soupçonne, c'est que ce n'est plus avéré ! Tout le monde est présumé innocent sauf les policiers.

 

 

Avec 10.000 policiers blessés chaque année à l'occasion d'interventions et interpellations au cours de leurs missions, lors de conditions aussi difficiles que dangereuses, des opérations délicates sur fond de violence extrême, d'actes de rébellions et de haine anti-flic, "est-il nécessaire de jeter l'opprobre sur toute une corporation" ? se questionne Didier Martinez.

 

La méthode « de l’étranglement » interdite

 

La méthode d’interpellation policière controversée de la "prise par le cou, dite “de l’étranglement” sera abandonnée", a notamment annoncé le ministre de l'intérieur. "Par ailleurs, si un policier ou un gendarme doit maintenir quelqu’un au sol lors de son interpellation, il sera désormais interdit de s’appuyer sur sa nuque ou son cou".

 

 

Cette technique de maîtrise d'individu est la seule a être efficace, d'après Didier Martinez. "Comment va t-on faire ?"

C'est la seule technique apprise aux fonctionnaires, lorsqu'elle est nécessaire, elle est rapide et très efficace. Il n'y a pas d'autre solution. Les policiers se servent de cette technique pour immobiliser une personne qui est assez forte physiquement et qui ne veut pas être interpeller. Cela va compromettre l'action des policiers sur le terrain, persiste Didier Martinez.

"C'est la technique enseignée à l'école de police et la seule qui nous permette de neutraliser les grands, costauds et les personnes sous l'emprise de drogue ou d'alcool", martèle Philippe Lavenu du syndicat Alliance.

On demande donc en compensation, que tous les policiers soient équipés d'un pistolet à impulsion type Taser, comme ça, on évitera les contacts.

 

Dépités et désabusés, les policiers s'interrogent sur l'orientation donnée à leur mission de sécurité publique. Au vu de la situation et des annonces faites par le ministre de l'intérieur, la police se sent blessée alors qu'elle était déjà en grande souffrance et en plein désarroi.

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
police société sécurité violence faits divers
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter