Coronavirus : pour la première fois de son histoire, le sanctuaire de Lourdes ferme ses portes

Face à la menace que représente l'épidémie de coronavirus pour les pélerins, le sanctuaire de Lourdes a donc fermé ses portes, mardi 17 mars 2020. Et ce, pour une durée indéterminée.

Le sanctuaire de Lourdes, mardi 17 mars 2020.
Le sanctuaire de Lourdes, mardi 17 mars 2020. © Camille Ioos/MaxPPP
Après avoir, il y a quelques jours, annoncé des mesures de précaution, le sanctuaire de Lourdes a donc dû se résigner, mardi 17 mars, à une fermeture historique et pour une durée indéterminée. Deuxième ville hôtelière de France, Lourdes voit les professionnels du secteur organiser "la résistance" à l'heure où le pays est confiné pour lutter contre le coronavirus.

Attirant chaque année des millions de catholiques du monde entier, dont nombre à la santé fragile, le sanctuaire de Lourdes avait déjà annoncé début mars une série de mesures pour se prémunir contre le coronavirus, notamment la fermeture des bassins où s'immergent les pèlerins dans l'espoir d'une guérison.
 

Fermeture "historique"

Mais avec le passage de la France au confinement, un pas a été franchi : "pour la première fois de son histoire, le sanctuaire va fermer ses portes pour un certain temps", a annoncé lundi sur Twitter son recteur Mgr Olivier Ribadeau Dumas. Le sanctuaire, a-t-il rappelé, avait déjà fermé en 2013 lors de grosses inondations. Mais ce n'était alors que pour trois jours. 

Une "catastrophe économique"   

Pas de relâche pourtant pour le culte : "les prières continuent au sanctuaire, avec les chapelains qui vont prier du matin au soir à la grotte" où, selon la tradition chrétienne, la Vierge est apparue à Bernadette Soubirous en 185, a indiqué le recteur.  Les fidèle pourront suivre ces prières en direct sur des chaînes télévisées catholiques,
a-t-il précisé.

Cette épidémie, juste avant l'ouverture de la saison des pèlerinages début avril, c'est une "catastrophe" pour Lourdes, affirme Josette Bourdeu, la maire de la Cité mariale qui attire chaque année des millions de catholiques du monde entier.

Deuxième ville hôtelière de France

"Après, même si c'est une grande déception, il faut être costaud, il faut rester droit, et si c'est le sacrifice qu'il faut faire pour enrayer cette épidémie catastrophique, et bien, faisons-le", a-t-elle également affirmé.
    
Alors que le département des Hautes-Pyrénées ne compte jusque-là que six cas confirmés de coronavirus, le secrétaire d'État chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, avait mis en avant dès la semaine dernière le
"choc massif" infligé par l'épidémie à Lourdes, "deuxième ville hôtelière de France", lors d'une visite de soutien aux professionnels du secteur. 

"Hyper responsabilité"    

Plus de 250 000 nuitées ont été annulées depuis le début de l'épidémie, selon Christian Gélis, président de l'Union des métiers et de l'industrie de l'hôtellerie des Hautes Pyrénées et de Lourdes.

Mais "on a aujourd'hui passé le cap de l'angoisse, on est dans celui de l'hyper responsabilité", relève-t-il. Au début de l'épidémie, "on s'est un peu affolé pour nos petites affaires mais maintenant que les réalités sont posées sur la table, tout le monde a retrouvé son sang-froid".

Vers un allongement de la saison des pélerinages ?    

En soi, la fermeture du sanctuaire "ne change plus rien", estime-t-il : "de toutes façons, les gens ne seraient pas venus, tous les pèlerinages ont été déjà annulés" par leurs organisateurs. "Economiquement, c'est rude, oui, mais on a les moyens d'organiser la résistance à court terme, de limiter la casse en étant aidés comme on l'est" par le gouvernement, soutient Christian Gélis. Il se félicite des mesures accordées par les pouvoirs publics,
reports d'échéances, reports fiscaux, chômage partiel pour les employés...     
Mais il espère aussi pour rebondir un allongement de la saison des pèlerinages à octobre ou novembre. Également évoquée par Jean-Baptiste Lemoyne, la piste est à l'étude au sanctuaire, "pour que des gens de pays d'autres hémisphères puissent venir ici pendant leur temps de vacances", selon le recteur. 
 
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