L'intercommunalité, l'autre enjeu des municipales : l'exemple du Grand Tarbes

© Google street view
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La loi de réforme des collectivités territoriales a bouleversé le mode de désignation des élus des intercommunalités mais aussi leur nombre. A Tarbes, ils sont désormais 51. Et à l'issue des élections de dimanche dernier, le Grand Tarbes pourrait bien rebasculer à gauche. Du moins sur le papier.

Par Véronique Haudebourg

Pour la première fois, nous avons élu les conseillers communautaires au suffrage universel direct. Dans les communes de plus de 1000 habitants en effet, sur le même bulletin de vote figuraient les listes de candidats pour la mairie et les EPCI (établissement public de coopération intercommunal). Une élection qui est passée plus inaperçue mais qui est pourtant essentielle. Les EPCI ont en effet des compétences importantes en matière de développement économique (et donc d'emploi) et d'aménagement.

Dans les Hautes-Pyrénées, ils étaient jusque là 35 à siéger au Grand Tarbes. L'assemblée était présidée par Gérard Trémège, qui a été réélu à la mairie de Tarbes. En 2008, il avait battu par 15 voix contre 13 le maire socialiste de Séméac Guy Dufaure. Mais la présidence pourrait bien changer de camp et ce malgré le maintien du premier magistrat Tarbais à l'hôtel de ville.

Un nouveau mode de désignation

L'attribution des sièges laissait peu de place aux oppositions avec l'ancien système de représentation. Un petit peu mieux représentées actuellement, elles peuvent parfois faire basculer les assemblées.
Dorénavant, pour les communes de plus de 1000 habitants, comme pour les conseillers municipaux, la moitié des sièges intercommunaux revient d'office à la majorité. L'autre moitié se répartit à la proportionnelle.

 

L'exemple du Grand Tarbes

La ville de Tarbes dispose de 24 sièges à la communauté d'agglomération dont 19 pour l'équipe de Gérard Trémège, 2 pour le parti socialiste, 2 pour le front de gauche et 1 pour le centre.
A Odos en revanche, deux sièges sont prévus et ils reviennent tous deux à la majorité.

Pour les communes de moins de 1000 habitants, où il n'y a pas eu d'élections des conseillers communautaires au suffrage universel direct, ils sont désignés par le conseil municipal.

Sortez vos calculettes

Après quelques additions, et en tenant compte des étiquettes et sensibilités les uns des autres au Grand Tarbes : 

La droite peut compter sur  : 19 sièges à Tarbes, 1 à Aureilhan, 2 à Bordères-sur-l'Echez, et à Laloubère
La gauche elle peut rassembler : 4 sièges à Tarbes, 4 à Aureilhan, 3 à Séméac, 2 à Odos, Ibos, Barbazan et Soues,1 à Bordères-sur-l'Echez, Chis, Orleix, Bours, Salles-Adour, Angos et Sarrouille.

On aboutit donc pour le Grand Tarbes, grâce à la bascule d'Odos à gauche notamment,  à 24 voix pour Gérard Trémège (ou son successeur s'il ne brigue pas de nouvelle présidence) et 26 pour ses opposants. Sans oublier le cas du centriste Pierre Lagonelle que nous ne situons pas sur l'échiquier.

Un calcul qui reste bien évidemment  théorique. Si mathématiquement, le Grand Tarbes devrait être présidé par une sensibilité de gauche, le scrutin du 15 avril à 17h peut réserver des surprises si certains s'abstiennent ou décident de retourner leur veste. Les petites communes sont souvent dirigées par des équipes sans étiquette moins marquées politiquement. Six municipalités ne disposent que d'un seul élu à la communauté d'agglomération de Tarbes. Et la gauche a besoin de toutes leurs voix pour s'imposer. 

La prudence et la réserve de rigueur

Alain Piaser, premier secrétaire du parti socialiste dans les Hautes-Pyrénées, "y croit. Je ne suis pas devin et il faut rester prudent. Il peut y avoir des abstentions ou des surprises. mais mathématiquement, nous pouvons gagner le Grand Tarbes". Au PS, les candidatures à l'investiture pour la présidence sont ouvertes et Yannick Boubée, maire d'Aureilhan s'est déjà positionné sur les rangs.

Du côté de la mairie de Tarbes, Gérard Trémège se refuse au moindre commentaire sur la question, et ne confirme même pas qu'il sera candidat à la présidence de la communauté d'agglomération.

La communauté d'agglomération du Grand Tarbes


Les compétences du Grand Tarbes

  • le développement économique
  • l’organisation des transports urbains
  • l’aménagement de l’espace
  • l’équilibre social de l’habitat
  • la politique de la ville
  • la voirie d’intérêt communautaire
  • la protection et la mise en valeur de l’environnement
  • les équipements sportifs d’intérêt communautaire (piscines, hippodrome, maison de l'escrime, maison des arts martiaux...)
  • les équipements culturels d’intérêt communautaire (bibliothèques, écoles de musiques...)
  • les gens du voyage
  • le pôle universitaire tarbais
  • la Scène Nationale le Parvis
L'intercommunalité expliquée par l'Assemblée des Communautés de France
Trois minutes pour comprendre l'intercommunalité


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