Prise d'otages à Lourdes : un dispositif “Téléphone Grave Danger” avait été proposé à la victime

Photo d'illustration du "Téléphone Grave Danger" / © AC Juillet/ MaxPPP
Photo d'illustration du "Téléphone Grave Danger" / © AC Juillet/ MaxPPP

Pour les femmes victimes de violences conjugales, il existe un dispositif «Téléphone Grave Danger».
A Lourdes, la femme prise en otage par son ex compagnon avait refusé ce téléphone.
Quel est ce dispositif ? Explications.
 

Par Corinne Carrière

Le dispositif a été mis en place en 2013 par le ministère de la justice et le ministère des droits des femmes. Il s'agit d' un téléphone portable avec une touche dédiée, remis aux victimes de violences conjugales sur une décision du parquet. Il fonctionne 7 jours sur 7, 24heures sur 24.
En cas d’irruption de l’ex compagnon, déjà condamné pour des faits de violence, la victime peut grâce à ce téléphone, déclencher une alarme qui la met directement en contact avec Alliance Assistance.
Et c’est Alliance Assistance qui après discussions avec la victime évalue la situation et alerte les forces de l'ordre qui interviennent immédiatement.


France Victimes : une association d’aide aux victimes sur tout le territoire

Le dispositif est proposé par le parquet avec l’aide de l’association  France Victimes.
L’association d’aide aux victimes est présente dans tous les départements de France. 
Les équipes procèdent à des évaluations qu’elles remettent ensuite au procureur qui décidera ou non de la mise en place du dispositif.
Pour bénéficier du dispositif «Téléphone Grave Danger», il faut qu’une mesure d’éloignement du conjoint soit prononcée par une juridiction.

Comment éviter les récidives?

Pour Pascale Simon, directrice de l’association France Victimes 65, l'aide aux victimes est la mission principale de l'association : « nous sommes là pour orienter les victimes. Nous ne sommes ni avocats ni juges».

L'association dispense des stages de responsabilisation aux violences intraconjugales.
France Victimes 65, propose ces stages en lien avec le parquet, aux personnes déjà condamnées pour violences intraconjugales.
Elle anime 7 séances de 2 heures, une fois par semaine. L'objectif est de responsabiliser les personnes qui ont commis des violences conjugales afin d'éviter les récidives.
 

Tentative d'homicide à Lourdes : le parquet avait proposé le dispositif à la victime

Le forcené interpellé par le RAID  retenait trois personnes en otage dont son ex compagne qu’il a blessée en lui tirant dessus.
Comment ce drame a pu se dérouler alors que cette personne était suivie de près par le juge d’application des peines ?
Condamné à trois reprises pour violences conjugales à l’encontre de son ex compagne il avait l’interdiction de rentrer en contact avec elle.
Selon le procureur général de Pau, le dispositif a été proposé à cette femme qui l'a refusé. 
 

Ce fait divers qui s’est déroulé mardi 23 avril à Lourdes fait malheureusement écho au nombre important de femmes victimes de violences conjugales.

219 000 femmes ont été victimes de violences physiques et ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime.
En 2017,130 femmes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire intime "officiel".
 

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