Après le séisme survenu le lundi 28 août, dans les Pyrénées, au niveau de la frontière espagnole, un protocole spécial, transfrontalier a été mis en place. Des boîtiers permettant de récolter des données sismiques ont été installés afin d'étudier le phénomène.

Dans les Pyrénées, une collaboration internationale de sismologues a été déployée après le séisme de magnitude 4,6 qui a eu lieu à Vielha, en Espagne lundi 28 août. Plus tôt dans la journée, un autre séisme avait été ressenti dans les Hautes-Pyrénées.

Un protocole transfrontalier

La France, l'Espagne et la principauté d'Andorre ont mis en place ce protocole européen transfrontalier nommé POCRISC. Il a été activé par l'Institut cartographique et géologique de Catalogne. La dernière fois qu'il avait été activé c'était en 2020, du côté de Pampelune.

" Il peut être mis en place quand il y a des séismes proches de la frontière, au-delà de la magnitude 4, explique Matthieu Sylvander, sismologue de l'Observatoire Midi-Pyrénées qui a participé à ce protocole. Le but, c'est de rassembler des sismologues munis d'instruments pour aller le plus rapidement possible sur le terrain suite à un séisme assez important."

Quatre équipes des trois pays se sont retrouvées à partir du mercredi 30 août pour installer pas moins de 20 boîtiers. Ces petits dispositifs sont autonomes en énergie pendant un mois. Ils sont plantés et enfouis dans le sol grâce à un pic, souvent accompagnés d'un écriteau pour éviter de les bouger et de fausser les données.

Mieux comprendre les séismes "importants"

Lorsqu'un tremblement de terre important se produit, il est fréquemment suivi de répliques, de petits séismes. Ils se répartissent dans "une zone épicentrale". Dans ces endroits, il y a souvent très peu de stations permanentes, ce qui justifie l'utilisation des boîtiers légers et faciles d'installation.

"Il y a déjà eu pas moins de 10 répliques depuis le séisme du 28 août."

Matthieu Sylvander

sismologue de l'observatoire Midi-Pyrénée

Ces boîtiers ont été installés tout autour du Massif de l'Aneto, en grande partie du côté espagnol. Ils devraient rester en place une quinzaine de jours.

"Ils vont nous permettre de bien suivre la crise. Et de faire ensuite des travaux scientifiques plus affûtés avec les données relevées", explique le sismologue. Aujourd'hui ce n'est pas possible d'anticiper les secousses sismiques. Mais ces boîtiers permettent de mieux maîtriser le risque sismique local : comprendre pourquoi ils se produisent à cette profondeur et leur localisation, sur quelle faille exactement.

Des mouvements verticaux lors des séismes

Ce phénomène de séisme est récurrent dans les Pyrénées, on parle de zone sismique "modérée". Rien de comparable à ceux qui se produisent tout autour du Pacifique, où les séismes peuvent atteindre jusqu'à 9 de magnitude sur l'échelle de Richter.

"Cette sismicité est due à l'origine au mouvement des plaques tectoniques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. Lorsque le seuil de résistance des roches est dépassé, elles lâchent et ça cause le tremblement de terre", rappelle Matthieu Sylvander.

Mais les mouvements de ces plaques au niveau des Pyrénées sont devenus "très très faibles". Par le passé, ils ont été plus forts et plus rapides, c'est ce qui a donné naissance à la chaîne de montagne, frontière naturelle entre la France et l'Espagne. Depuis plusieurs années, les sismologues se demandent pourquoi il y a pourtant des séismes dans les Pyrénées. Ils ont en fait remarqué un autre phénomène : " On a compris qu'il n'y avait plus de mouvements horizontaux mais verticaux."

Le sismologue ajoute : " ils sont engendrés plus ou moins par des redistributions de masses à la frontière entre les plaques. Cela va remonter là où c'est érodé, il peut aussi y avoir une contribution de la disparition des glaciers au cours du temps."

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