Hérault : l'enseignante décriée ne fera pas classe, à Saussan, l'école peut reprendre

La rentrée des classes à l'école maternelle de Saussan se fera, mais sans l'enseignante décriée. La mobilisation des parents d'élèves a fini par payer. L'inspection d'académie de l'Héraut a décidé en accord avec l'institutrice, la mise en place un accompagnement personnalisé en dehors de l'école.

Les parents d'élèves de l'école de maternelle de Saussan ont finalement obtenu gain de cause dans le bras de fer qui les opposait à l'inspection d'académie. La nomination d'une enseignante qui aurait eu des comportements inappropriés envers des enfants dans d'autres écoles, ne passaient pas. La mobilisation débutée dans le courant de l'été s'est poursuivie jusqu'au premier jour de la rentrée.

L'académie décide de ne pas nommer l'enseignante

Jusqu'au dernier moment, l'administration aura tenté de faire entendre sa voix, mais sans succès. La pression et la détermination des parents d'élèves de la petite école de Saussan étaient trop forte.

L'Inspection d'Académie avait proposé d'adjoindre à l'institutrice un(e) co-enseignant(e). Une solution qui avait été rejetée par les familles comme par la municipalité. Hier en toute fin d'après-midi, l'administration décidait de lever le doute et finissait par prendre la décision de retirer le poste à l'institutrice.

Compte tenu des disposition spécifiques liées à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) de cette enseignante et de la nécessité de revenir à un climat serein et apaisé au sein de l’école, la rectrice de l’académie de Montpellier a décidé, avec l’accord de l’intéressée la mise en place d’un accompagnement personnalisé, hors de l’école de Saussan.  Le service communication du rectorat Académie de Montpellier

Le maire et les familles soulagés

L'affaire a démarré à la fin de l'année scolaire, lorsque les parents d'élèves apprennent, qu'une nouvelle enseignante doit arriver pour la rentrée.

Rumeurs ou pas, cette institutrice déficiente visuelle qui exerce accompagnée, aurait eu des gestes déplacés dans d'autres établissements. Les faits ont été raportés par d'autres parents d'élèves, de trois anciens établissements où l'enseignante a été affectée, notamment à Cournonterral, un autre village situé à quelques kilomètres de Saussan, et à l'école Hélène Boucher dans le quartier Bagatelle à Montpellier.

Les faits constatés, à l'époque parlaient "de signes d'énervements, d'éclats de voix, de coups de cahier sur la tête et de trousses renversées."

L'inspection d'Académie avait recueilli des éléments et des témoignages complémentaires, mais aucun fait n'avait justifié des suites judiciaires. La rectrice de l'académie de Montpellier avait alors expliqué "qu'on ne sanctionnait pas des enseignants sur la base de simples rumeurs." 

Pour le maire de Saussan proche des parents d'élèves, ce dénouement à savoir la non venue de l'enseignante est un soulagement : 

Le collectif a travaillé dur tout l'été. Ce mouvement uni a fini par être écouté. C'est un soulagement. Si les parents d'élèves n'avaient pas été écoutés, cela aurait créé une ambiance délétère dans l'école. Je suis satisfait de cette décision même si elle arrive un peu tardivement

Joël Vera, maire de Saussan (34)

L'école la Marelle de Saussan, va retrouver sa quiétude. La lutte aura duré plus de 2 mois. Le collectif qui aura réuni prés de 80 familles aura montré un visage solidaire. Une solidarité exemplaire selon cette mère de famille qui préfère garder l'annonymat

Tout les matins on se retrouvait devant l'école pour organiser la garde des enfants. Il a fallu trouver des excuses pour leur expliquer pourquoi ils n'allaient pas à l'école. On avait perdu la clef, etc. Seulement 4 élèves ont été scolarisés sur les 95 enfants pendant ce mouvement. C'est cette unité, qui a fait que notre parole a été entendue. On remercie, le rectorat d'avoir entendu notre inquiétude.

Une maman membre du collectif

Depuis l'annonce du retrait de l'enseignante, le mouvement a été levé. A défaut de faire une rentrée normale, la municipalité a préféré la décaler à jeudi. 95 élèves répartis dans 4 classes sont attendus par les institutrices et les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
éducation société rentrée scolaire