Béziers : Michel Bousquet devant le tribunal pour des propos à caractère raciste envers la députée LREM Laetitia Avia

Après ses propos en ligne à caractère raciste visant la députée LREM de Paris Laetitia Avia, Michel Bousquet était convoqué ce jeudi devant le tribunal. L'ex-élu de la majorité de Robert Ménard à la mairie de Béziers encourt au maximum un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Béziers - le palais de justice - juillet 2020.
Béziers - le palais de justice - juillet 2020. © F3 LR O.Boisson
Sur sa page Facebook publique, Michel Bousquet, alors conseiller municipal de Béziers et président de l'Union Taurine Biterroise, s'en est pris, le 14 mai dernier, à la couleur de peau de Laetitia Avia, députée LREM de Paris.
 

Elle s’exprime comme une merde dont elle a la couleur.

Michel Bousquet, Facebook 14 mai 2020.

Laetitia Avia, porteuse de la loi contre la haine en ligne
Laetitia Avia, porteuse de la loi contre la haine en ligne © Assemblée nationale 2018
Des propos injurieux d'un élu immédiatement condamnés par la classe politique. De son côté, le procureur de la République de Béziers, Raphaël Balland, a ordonné la convocation de Michel Bousquet devant le tribunal correctionnel pour "'injures publiques envers une personne à raison de son origine ou de son appartenance ou de sa non-appartenance à une ethnie ou une race".

Michel Bousquet plaide "la maladresse"

L'accusé qui a avoué être l'auteur des écrits à la police durant son audition, explique pour sa défense que le jour des faits, il était hospitalisé et sous l'emprise de médicaments. Il évoque "une grosse erreur qui ne reflète pas sa personnalité" et affirme ne pas être raciste. Il a d'ailleurs démissionné depuis de ses fonctions de conseiller municipal de Béziers et s'est excusé.

A la barre, ce jeudi, il a rappelé que ses paramétrages de Facebook étaient privés. Il pensait juste envoyer le message à un ami et non le poster sur son mur Facebook public.

«Vous semblez minimiser l’infraction» lance le président lors de l'audience, jugeant ces propos «particulièrement heurtants». 

Puis Michel Bousquet se dit victime d’un règlement de compte entre Midi Libre, qui a rapporté ces écrits avec capture d'écran du post Facebook dans un article du quotidien régional et Robert Ménard.

La victime est la députée, pas vous.

Le président du tribunal correctionnel.

Et Michel Bousquet d'ajouter, "Quand j’ai vu que l’affaire sortait, j’ai bien pensé que je devais me retirer" (...) "Je vis une tempête biterroise dans un verre d’eau ménardien. Il faut donc retrouver la mesure réelle des vagues".

"Personne autour de vous n’a réagi à vos propos ? C’est effrayant !" dit le président.
"Non, j’ai présenté mes excuses, mais je comprends l’émoi que ça peut provoquer. Je ne me considère pas comme raciste" répond Bousquet.
"Vous avez comparé une personne noire à une merde ! Ce sont bien des propos à teneur raciale que vous avez tenu !".
Bousquet rétorque n’avoir JAMAIS tenu de propos racistes en une vie. "J’ai dit 5 mots, en une vie".

Les parties civiles, LICRA et SOS Racisme, demandent des dommages et intérêts à hauteur de 5.000€ chacunes et 2.000€ pour lutter contre ces comportements totalement inadmissibles. 

Ce n’est pas de la liberté d’expression, c’est une infraction pénale.

De son côté, la plaignante Laetitia Avia, absente à l'audience, réclame 10.000€ d’indemnisation.
Pour sa part, le procureur de la République retient le caractère public de cette affaire. "Comparer la couleur de la peau à de la matière fécale est une injure raciale caractérisée" et requiert 4 mois de prison avec sursis et la publication de la peine dans un journal à dimension nationale et aux frais de l’intéressé, tout en rappellant que le casier judiciaire de l'accusé est vierge.

L'avocat de Michel Bousquet met en avant la surmédiatisation de l'affaire, préjudiciable à son client. Il ajoute que la publicité des propos n'a pas été faite par Michel Bousquet mais par Midi Libre. Pour lui, il s'agit d'un dérapage qui relève de la contravention. Il met aussi en avant l'état de santé de Michel Bousquet au moment des faits.

Au final, la parole est à Michel Bousquet qui dit "Je m’en remets à l’indulgence du tribunal".

Le jugement est mis en délibéré au 13 août à 13h30.
 
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