Béziers : Robert Ménard perd son procès en diffamation contre deux élus de Gironde

Robert Ménard maire de Béziers invité de Dimanche en politique le 24 mars 2019. / © France 3 LR
Robert Ménard maire de Béziers invité de Dimanche en politique le 24 mars 2019. / © France 3 LR

Deux élus poursuivis pour diffamation par le maire de Béziers ont été relaxés jeudi par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Robert Ménard a porté plainte contre eux pour leurs propos à l'occasion de sa venue en Gironde en mai 2018. Il peut faire appel du jugement.

Par FD avec afp


Les deux élus girondins, le premier adjoint (MoDem) au maire de Bordeaux Fabien Robert, et Aziz Skalli, référent départemental LREM et conseiller municipal de Lormont, ont été mis en examen et renvoyés au tribunal à la suite d'une plainte de Robert Ménard.

A l'origine de cette plainte, un communiqué dans lequel les 2 hommes regrettaient la venue de Robert Ménard à Saint-André-de-Cubzac pour une réunion-débat sur l'union des droites, en mai 2018.
A son arrivée, il avait été accueilli par 60-70 personnes hostiles à sa venue, un rassemblement qui avait tourné aux invectives puis à une brève bousculade, où quelques coups avaient été portés.
 

Lors d'une procédure distincte en février, un quinquagénaire a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour "violences en réunion" ce jour-là, et à verser 4.500 euros de dommages et intérêts à Robert Ménard, pour préjudices corporel et moral.
 

Mais le maire de Béziers estimait que le communiqué de MM. Robert et Skalli avait attisé ce climat d'hostilité, car "d'autres (avaient) conclu en toute impunité, jusqu'à ce qu'un tribunal les condamne, qu'on pouvait venir me casser la figure".

"Un élu ne peut pas dire n'importe quoi" avait-il résumé après l'audience de diffamation en mai, en référence à des termes du communiqué, évoquant une "méthode Ménard revendiquée", allant de la "création d'une milice" à un "recensement ethnique".

Les élus, eux, avaient plaidé être restés "dans le débat public et politique" et dénonçaient chez Robert Ménard "l'usage de la justice pour museler ce débat".
 

Le tribunal a estimé que le communiqué anti-Ménard portait sur une "reprise d'informations publiques (...) donnant régulièrement lieu à débat politique" et dont ne peut résulter "de caractère diffamatoire, s'agissant d'une personnalité politique rompue à l'art de la communication, gérant les événements dans le cadre de la médiatique arène politique, et s'exposant inévitablement plus que d'autres".


Il a aussi relevé un problème de procédure, en l'occurrence une "non-conformité" entre les propos effectivement tenus, et ceux visés par le réquisitoire et l'ordonnance de renvoi, qui ont notamment "donné d'office un sens péjoratif au terme milice".

Interrogé par l'AFP, l'avocat du maire de Béziers, Me Sébastien Journé, a expliqué que son client n'avait pas encore pris de décision mais qu'il "pensait très sérieusement" faire appel.
 

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