“J'ai cru qu'on allait mourir noyés” : après le choc, la solidarité s'organise à Villeneuve-lès-Béziers

Josiane a tout perdu dans les inondations qui ont ravagé sa maison, le mercredi 23 octobre 2019 / © Benoît de Tugny / FTV
Josiane a tout perdu dans les inondations qui ont ravagé sa maison, le mercredi 23 octobre 2019 / © Benoît de Tugny / FTV

Josiane et Jean-Jacques étaient dans leur maison de Villeneuve-lès-Béziers quand "la vague" est arrivée. Après les violentes inondations du mercredi 23 octobre, le couple est encore choqué, leur habitation est dévastée. Mais la solidarité s'organise dans la commune et un appel aux dons à été lancé. 

Par Emma Derome avec Delphine Aldebert

Mercredi 23 octobre, journée noire pour Josiane et Jean-Jacques, habitants de Villeneuve-lès-Béziers. Lors des violentes inondations qui ont touché la commune, ils étaient tous les deux dans leur bureau, au rez-de-chaussée de leur maison.

D'un seul coup, mon mari me dit : "j'ai les pieds dans l'eau". Alors on a essayé de mettre nos affaires en hauteur. Mais jamais on aurait pu imaginer ce qui s'est produit. 
Josiane, sinistrée

Un raz-de-marée dans sa maison

 Quand la vague a déferlé, Josiane a eu la peur de sa vie. Elle a cru à un tsunami. 

Tout d'un coup, dans le jardin l'eau, est arrivée à la fenêtre. Il m'a dit "il faut partir, on va se noyer". Les baies vitrées ont cassé, et l'eau est rentrée d'un coup. On n'arrivait plus à se tenir debout, on s'accrochait au mur, où on pouvait, on s'est accroché à nos chiens... parce que je ne sais pas nager. Il m'a dit "on va mourir noyés, on va mourir noyés". C'était horrible, horrible ce qu'on a vécu.

Josiane est encore très choquée, trois jours après le passage de cet épisode méditerranéen d'une rare ampleur. Elle et son mari ont réussis à s'exfiltrer malgré les murs qui s'écroulaient. Elle raconte qu'en 10 minutes, elle a perdu 10 ans de sa vie. 

On voyait dépasser dix centimètres de nos voitures... il ne restait plus rien. On se dit que c'est la fin du monde, l'apocalypse.

Josiane et Jean-Jacques ont eu la peur de leur vie en voyant la vague arriver sur leur maison et briser leurs fenêtres. / © Benoît de Tugny / FTV
Josiane et Jean-Jacques ont eu la peur de leur vie en voyant la vague arriver sur leur maison et briser leurs fenêtres. / © Benoît de Tugny / FTV

Le traumatisme est encore profond. L'eau s'est retirée... reste la boue, les meubles détrempés, et une odeur de vase qui empêche pour l'instant d'imaginer l'après. 

Des bénévoles à la rescousse

Heureusement, ce samedi, une quinzaine de bénévoles sont venus leur prêter main forte pour vider, nettoyer la maison et faciliter leur quotidien. Le couple n'avait encore quasiment vu personne, alors qu'ils étaient en grande détresse. 

On a appelé les pompiers jeudi, qui sont venus évacuer l'eau. J'ai appelé les assurances, la mairie... je leur ai dit "venez, on a pas d'électricité, on a rien à manger". J'ai pleuré ce matin et les voyant franchir le portail. Je suis très heureuse qu'ils soient venus nous aider.
 

Le rez-de-chaussée de la maison de Josiane et Jean-Jacques nettoyé par les bénévoles du collectif d'aides aux sinistrés / © Benoît de Tugny / FTV
Le rez-de-chaussée de la maison de Josiane et Jean-Jacques nettoyé par les bénévoles du collectif d'aides aux sinistrés / © Benoît de Tugny / FTV
 
Il y a un an, ces Bitterois s'étaient regroupés en collectif pour aider les sinistrés audois après les inondations d'octobre 2018. Aujourd'hui, ils se mobilisent à nouveau pour les habitants de Villeneuve-lès-Béziers. Ils ont par exemple mis en place un système de laverie à la mairie, pour ceux qui ne peuvent plus laver leur linge.

On les remercie très très chaleureusement. C'est très dur à vivre, et c'est vrai que les premiers jours on a l'impression d'être abandonnés complètement, mais depuis que l'équipe est arrivée, ça réchauffe le coeur. Ça ne règle pas les problèmes, mais ça réchauffe le cœur. 
- Jean-Jacques, sinistré

Appel aux dons

Plusieurs familles sont toujours en difficulté dans la commune suite aux intempéries de mercredi.

Là on vient encore de m'appeler pour une maison où personne n'est venu, et ça fait trois jours. Mais on est débordés, et il faut gérer du monde. C'est chaque chose en son temps.
Damien Le Foll, coordinateur des équipes de bénévoles


Le collectif va lancer un appel aux dons pour répondre aux besoins de ceux qui ont tout perdu. Les bénévoles invitent ceux qui souhaitent donner à les contacter sur leur page Facebook. Pour les dons matériels, de meubles par exemple, ils conseillent de contacter la mairie pour connaître les besoins avant de se rendre sur place. 
 

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