Hérault : le short trop court des lycéennes jugé “indécent” au lycée Jean Moulin de Pézenas

Pézenas (Hérault) - la cité scolaire et le lycée jean Moulin - archives / © google
Pézenas (Hérault) - la cité scolaire et le lycée jean Moulin - archives / © google

La colère gronde chez les lycéennes de Pézenas. Récemment la proviseure du lycée Jean Moulin a interdit l'accès en classe à certaines d'entre elles car leur tenue était jugée "indécente". Les shorts étaient trop courts.

Par Fabrice Dubault


La nouvelle proviseure du lycée Jean Moulin de Pézenas, arrivée cette rentrée après 4 ans à Sète, crée la polémique.

Depuis 4 semaines, elle a renvoyé plusieurs dizaines de lycéennes chez elles car leur tenue était jugée "indécente" et "impudiques", certaines élèves relatent aussi ces propos "cela peut perturber et déconcentrer les garçons".
Sont en cause, les shorts trop courts et les T-shirts moulants.

Les lycéennes sont choquées par la méthode de la responsable de l'établissement.
 

Des tenues "indécentes" pouvant "déconcentrer" les garçons !


Le règlement interne parle de tenues correctes en classe.
Déjà en mai dernier, l'ancien proviseur avait envoyé un courrier aux parents d'élèves en rappelant que les élèves devaient avoir une tenue respectable en cours et dans l'établissement, malgré la chaleur et l'arrivée de l'été.

"L'été n’offrant généralement aucune surprise climatique, la température est inévitablement à la hausse et le règlement intérieur toujours en vigueur. Aussi une tenue correcte et respectueuse des lieux et des personnes sera exigée jusqu'à la fin de l'année. Tongs et autres tenues trop légères rappelant plus la tenue de l'estivant que celle de l'élève seront strictement interdites".

Des mesures jugées polémiques et disproportionnées par beaucoup de lycéennes et de lycéens.
 


Des élèves à nouveau informés dès la rentrée scolaire


Selon nos confrères de France bleu Hérault, à la rentrée scolaire, le millier d’élèves de cet établissement a été reçu, classe par classe, dans l'amphithéâtre par la proviseure et son équipe. L’occasion de rappeler le règlement intérieur, en insistant particulièrement sur les tenues correctes en classe.
 

Les vacances sont terminées. Vous avez laissé à la maison vos serviettes de bain et vos sandalettes, il faut en faire autant avec vos shorts.


Beaucoup de professeurs et de personnels de l'établissement soutiennent l'action de la proviseure. Pour beaucoup, les lycéens ont besoin de cadres précis et ils doivent respecter les règles et règlements.
 

Vu l’ampleur de la polémique sur les réseaux sociaux, la proviseure a décidé en début de semaine de faire machine arrière.
Beaucoup considérant qu’il y a eu beaucoup de maladresse dans la communication du message qui par ailleurs, n’avait pas d’intention sexiste ou autoritariste.

Présidente de la PEEP, Valérie Marty parle quant à elle d'un «bon sens perdu». Évoquant un «affichage sexuel», elle s'étonne que les parents eux-mêmes ne jugent pas certaines tenues inadmissibles.
 

Les lycées ont-ils le droit d’imposer une tenue correcte aux élèves ?


En 2016, l’interdiction du port du jogging au lycée Cordorcet de Limay rappelle la difficulté de définir une «tenue correcte» en milieu scolaire. Depuis la rentrée, les élèves du lycée public Condorcet de Limay (Yvelines) ont l’interdiction de se rendre en cours vêtus d’un jogging. La proviseure de l’établissement a inscrit cette interdiction dans le règlement intérieur, en vigueur depuis mai dernier mais réellement appliqué depuis septembre. Les contrevenants risquent d’être sanctionnés d’un après-midi de retenue. Les casquettes et autres couvre-chefs sont également bannis.

Des élèves du lycée François Couperin de Fontainebleau se sont mobilisés contre l’interdiction des jeans troués. 

En 2015, une collégienne a été exclue de son établissement parce qu’elle portait une jupe longue apparentée à un «signe ostentatoire religieux».
En 2013, au lycée professionnel Paul Valéry de Menton, des élèves ont été refoulés de leur établissement car ils portaient des jean-baskets.
Une école privée marseillaise a même interdit le port de vêtements de marques.

Pour mémoire, l'uniforme ou la blouse obligatoire à l'école ont été abandonnés en 1968. Ils sont toujours prisés dans les Antilles françaises et en Guyane.

En fait, c'est le règlement intérieur du lycée qui prévaut. Il y en a donc un par établissement, soit plus de 8.000 en France. Le règlement intérieur, pour être modifié à tout moment mais il doit être validé en conseil d’administration et soumis aux autorités académiques.

 

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