Méditerranée : de nouveaux récifs artificiels dans le port du Cap d'Agde

Un récif imprimé en 3D pour abriter la biodiversité marine / © FTV
Un récif imprimé en 3D pour abriter la biodiversité marine / © FTV

2 récifs artificiels imprimés en 3D ont été immergés dans l'avant-port du Cap d'Agde, dans l'Hérault. C'est la suite du Projet Récif Lab... une première mondiale.

Par Delphine Aldebert

Des récifs pour les bateaux et les poissons  


Ces récifs ont un double objectif : ils vont servir de corps morts pour l’accostage possible de 16 bateaux mais aussi de nouvel habitat pour la biodiversité marine.
En juin dernier, 32 récifs avaient déjà été immergé au large du Cap d'Agde dans la bande des 300 mètres pour remplacer le balisage des fameuses bouées jaunes. Fini donc les pneus et le béton pas du tout écologiques qui rouillent, cassent en cas de coups de mer et raclent les fonds marins. Le matériau utilisé est un béton inerte composé d'un ciment spécial qui permet de réduire l'impact carbone de 60% et qui ne relâche aucun élément dans l’eau. Il est aussi plus résistant aux attaques chimiques du milieu marin et plus réceptif à la colonisation par la biodiversersité.
 

Mais ces récifs vont aussi servir d’abris et de nurseries pour les poissons. Ils ont été réalisés sur mesure par une start-up de Montpellier grâce à l’impression 3D et la technique du feuilletage pour créer des cavités aux formes et tailles différentes afin de répondre aux besoins de chaque espèce.
 
l'impression en 3D des récifs par une start up de Montpellier / © FTV
l'impression en 3D des récifs par une start up de Montpellier / © FTV
 

L'Occitanie : une région pionnière pour les récifs artificiels


Il faut remonter à 1968 à Palavas pour voir apparaître les premiers récifs artificiels. 50 ans plus tard, ce sont près de 30.000m3 de structures immergées en Languedoc et en Roussillon. Pour vous donner une idée, c’est l’équivalent de 9.000 terrains de football.
 
L'implantation des récifs artificiels sur les cotes du Languedoc et du Roussillon / © Cepralmar
L'implantation des récifs artificiels sur les cotes du Languedoc et du Roussillon / © Cepralmar

Au départ, ils étaient prévus pour constituer des obstacles au chalutage illégal dans la bande des 3 000 nautiques mais ils n’ont plus la cote car ils produisent très peu de biomasse marine. Aujourd’hui, ces nouveaux récifs ont une autre vocation : la production halieutique et la restauration écologique à l’heure où la biodiversité est attaquée par la surpêche et le réchauffement climatique qui provoque l’acidification des coraux.
Et cela fonctionne. Exemple avec les récifs paniers installés au large du Cap d'Agde, il y a 10 ans, ils ont permis de reconstituer les stocks de langoustes.
 

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