Meurtre d'une Biterroise enceinte à Ustaritz : l'accusé explique le viol “mon cerveau a vrillé”

Pau - Cédric Bernasconi, un marginal de 40 ans au lourd passé psychiatrique devant les assises pour le meurtre d'une Biterroise de 23 ans à Ustaritz en septembre 2017 - 23 septembre 2019. / © maxppp Quentin TOP
Pau - Cédric Bernasconi, un marginal de 40 ans au lourd passé psychiatrique devant les assises pour le meurtre d'une Biterroise de 23 ans à Ustaritz en septembre 2017 - 23 septembre 2019. / © maxppp Quentin TOP

"Mon cerveau a vrillé, j'ai eu une pulsion sexuelle" : Cédric Bernasconi, un marginal de 40 ans au lourd passé psychiatrique, a expliqué lundi à la cour d'assises de Pau comment il avait violé, frappé et tué une jeune élève infirmière de 23 ans, originaire de Béziers, enceinte de huit mois.

Par FD avec afp


La cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques juge toute la semaine Cédric Bernasconi, diagnostiqué schizophrène mais estimé apte à comparaître, accusé du meurtre de Mélodie Massé il y a deux ans, au domicile de sa mère, au Pays basque, où elle était partie se reposer avant son accouchement.
La jeune femme était originaire de Béziers, avait 23 ans au moment du drame et était enceinte de 8 mois.

Après avoir demandé "pardon" à la famille de la victime, l'homme aux cheveux noirs et au teint blême a raconté le déroulement de ce 13 septembre 2017.

Diagnostiqué schizophrène, il a à cette époque arrêté ses antipsychotiques et n'a plus aucune interaction sociale. Sans domicile fixe, il fume du cannabis, vit de petits larcins qui lui vaudront un séjour en prison.
Après l'achat d'une pizza, il part à bord d'un fourgon volé à la "recherche d'un coin pour s'isoler" et s'arrête dans un bois pour y "ramasser des châtaignes".
 

Je ne sais pas pourquoi, mon attention a été retenue par cette maison aux volets fermés", raconte-t-il froidement, tandis que les proches de la victime quittent la salle d'audience.
Il pense alors y dérober quelques biens, force la fenêtre de la salle de bain et entend la voix d'une jeune femme. "J'ai cru qu'elle était accompagnée puis j'ai compris qu'elle parlait au téléphone. Mon cerveau a vrillé, j'ai eu une pulsion sexuelle.

 

Une enfance "heureuse"


L'accusé n'épargne aucun détail : le linge dérobé dans la chambre pour mieux la ligoter et la bâillonner, les dernières paroles de la jeune femme, la lutte, les coups répétés et violents au visage, le sang, les viols.

Il erre ensuite sur les lieux, dérobe des photos d'identité de la victime, son portable et "se permet une pause-café" avant de fuir.

Dans la matinée, il avait raconté son enfance "heureuse" en Suisse aux côtés de ses parents et de son frère, les parties de pêche, mais aussi les abus sexuels de ses oncles dont il dit avoir été victime.
 

C'était un enfant gai" et "espiègle" jusqu'au décès de son père", confie sa mère.


"Son sourire est parti avec lui. Il avait onze ans, il s'est alors renfermé sur lui-même, il est devenu taciturne", balbutie la dame aux cheveux blancs.

A l'adolescence, raconte-t-elle, le corps secoué de tremblements, "il a commencé à avoir des problèmes de comportements, il me faisait peur. Le médecin a dit qu'il souffrait de schizophrénie".
S'enchaînent les multiples séjours en hôpital psychiatrique. En Haute-Savoie puis au Pays basque où sa mère s'installe. "J'ai gardé Cédric avec moi jusqu'à que jevoie qu'il recommençait à parler tout seul. Je lui ai trouvé un appartement. J'ai demandé une curatelle (...) j'étais fatiguée".

Entre Biarritz et Bayonne, à Anglet où il a élu domicile, il menace des voisins et le maire tente de le faire interner d'office, en vain.
 

Je ne comprends pas comment un médecin psychiatre ne s'est pas rendu compte et ne l'a pas fait interner. J'ai moi-même demandé de l'aide. C'est horrible, je demande pardon, il n'y a rien d'autre à dire", souffle la mère en larmes.


L'examen de l'état mental de l'accusé et de son parcours psychiatrique devraient être au coeur des prochains jours du procès prévu toute la semaine.
Au cours de l'instruction, le rapport d'expertise psychiatrique avait conclu à une "altération du discernement" au moment des faits mais pas à son abolition, ce qui le rendait apte à comparaitre.

A l'ouverture du procès, les parties civiles avaient demandé en vain le huis clos, leur avocat Me Bertrand Arotseche, invoquant "des éléments factuels de nature à choquer et perturber les moeurs".
 

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