Fin de l'assignation à résidence de l'imam Khattabi à Montpellier

L'assignation à résidence de l'imam de la mosquée Aïcha de Montpellier a été abrogée par le ministère de l'Intérieur.
L'imam Mohamed Khattabi avait été assigné à résidence le 22 novembre, après une perquisition menée à son domicile ainsi qu'à la mosquée.

L'assignation à résidence de l'imam Khattabi de la mosquée Aïcha de Montpellier, soupçonné de tenir un discours radical, a été abrogée par le ministère de l'Intérieur, a-t-on appris samedi de sources concordantes.
L'imam Mohamed Khattabi avait été assigné à résidence le 22 novembre, après une perquisition menée à son domicile ainsi qu'à la mosquée Aïcha. L'imam avait lui-même annoncé la perquisition sur les réseaux sociaux, appelant sa communauté à garder "son calme".

Pas de menace à la sécurité publique selon le ministère de l'intérieur

Dans l'arrêté d'abrogation daté du vendredi 11 décembre, l'Intérieur considère qu'"aucun élément corroborant" une menace pour l'ordre et la sécurité publics "n'a été établi" lors de la perquisition menée dans le nuit du 22 au 23 novembre, selon une copie consultée par l'AFP. Cette abrogation fait suite à une requête transmise par l'avocat de M. Katthabi
à la sous-direction du conseil juridique et du contentieux du ministère de l'Intérieur. L'imam, débouté par le tribunal administratif de Montpellier, avait également saisi le Conseil d'Etat, qui devait étudier sa requête lundi. 

C'est une grande victoire pour l'État de droit. Après le temps de l'hystérie sécuritaire, nous pouvons entrer dans celui de la réflexion", a affirmé l'avocat de Mohamed Khattabi, Me Arié Alimi.


Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur a confirmé qu'un "nouvel examen des éléments fournis" avait "conduit à lever l'assignation à résidence". "Nous veillons scrupuleusement à ce que toutes les mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence soient justes et accompagnées de toutes les garanties", a assuré Pierre-Henry Brandet. Le 4 décembre, le tribunal administratif de Montpellier avait rejeté la requête de l'imam qui contestait son assignation à résidence dans le cadre d'un référé-liberté.

Un imam versé sur le double-discours

Mohamed Khattabi a été recteur de la mosquée Averroès dans le quartier de la Paillade à Montpellier avant d'en être évincé par l'association gérant ce lieu de culte. Celle-ci avait jugé son discours incompatible avec les valeurs républicaines, lui reprochant un "double discours" alternant propos progressistes et discours inspirés du salafisme et des Frères musulmans.
M. Khattabi, qui nie ces accusations, avait alors créé en 2014 un autre lieu de culte, la mosquée Aïcha, dans une ancienne salle des fêtes au sud de Montpellier.