Fusion des régions : Vers la marginalisation politique du Languedoc-Roussillon ?

L'hôtel de région à Montpellier. Archives / © PASCAL GUYOT / AFP
L'hôtel de région à Montpellier. Archives / © PASCAL GUYOT / AFP

Après le vote de l'Assemblée scellant la fusion des deux régions du midi, il y a peu de chances de voir émerger des têtes de listes venant du Languedoc-Roussilon, excepté au FN. Philippe Saurel partira-t-il  en solo ? Moudenc se positionne comme le nouveau patron de la droite et du centre.

Par Stéphane Ratinaud

L’Assemblée Nationale a choisi la fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Ce changement institutionnel fait dans la précipitation a occupé l’agenda politique à un moment où les résultats économiques soulignent la difficulté du gouvernement à enrayer la crise et le mal être du pays. Faite au nom d’un réalisme économique dont on demande à voir les effets, cette réforme pour être aboutie,  nécessite désormais une loi sur le nouveau bloc de compétences dévolues aux grandes régions.

La faiblesse politique du Languedoc-Roussillon


Au-delà de cet effet attendu, la fusion du Languedoc-Roussillon avec ses voisins démontre le peu d’emprise du personnel politique régional dans les appareils partisans. Longtemps, la mise en scène du jeu régional autour des deux leaders Jacques Blanc et Geroges Frêche a invalidé toute logique d’émergence de leaderships personnels.  Par ailleurs, la permanence d’une relation conflictuelle avec le siège parisien des partis politiques a eu une conséquence : la faiblesse de la présence régionale dans ces instances de désignation. Cette dernière est aujourd’hui patente. En comparaison avec Midi-Pyrénées, le rapport est peu flatteur en termes de logique de pouvoirs.
Ainsi, à l’heure des pronostics pour les têtes de liste régionales, excepté le cas du Front National avec Louis Aliot, tous les regards convergent vers les voisins. Droite et gauche confondues.

UMP-UDI en réunion à Toulouse


La semaine dernière, une réunion autour de M.Moudenc, le maire UMP de Toulouse, a eu lieu. Pour le Languedoc-Roussillon étaient présents François Calvet, sénateur des P-O, Michel Py, maire de Leucate, Didier Mouly, le maire divers droite de Narbonne. Quant à Stéphan Rossignol et Yvan Lachaud ils étaient représentés par leurs attachés. Trois élus de Midi-Pyrénées ont fait part de leur intérêt pour conduire la liste UMP-UDI pour la grande région. Brigitte Barèges, la maire de Montauban (déjà investie en 2010 en Midi-Pyrénées), Bernard Carayon, ex-député UMP et maire de Lavaur dans le Tarn, et Philippe Foliot, député UDI de Castres. Quasi aucun nom du Languedoc-Roussillon n’a été évoqué si ce n‘est mezza voce celui de Gilles d’Ettore, le maire d’Agde, dont il se dit qu’il aimerait au moins être le leader de la liste UMP dans l’Hérault.

Carole Delga en conquête du PS ?


A gauche, la situation est identique. Que de noms venus d’au-delà du seuil de Naurouze. Kader Arif devrait renoncer. Carole Delga, quadragénaire et secrétaire d’Etat que l’on dit proche de Martin Malvy, aurait les faveurs de l’appareil du PS. D’ailleurs, certains socio-professionnels de l’Hérault en font le pari tant la jeune élue est présente depuis quelques semaines en région. Jean Glavany, l’ex-ministre de l’agriculture et actuel député des Hautes-Pyrénées, y montre aussi de l’intérêt. Ce dernier a été vu il y a peu dans l’Aude. Philippe Martin, le président du département du Gers et éphémère ministre de l’environnement, a fait part de ses intentions. Reste le cas du président Malvy, né en 1936, dont il se murmure qu’il pourrait être un recours en cas de leadership insuffisant fortifié.
Cependant, il ne faut point écarter une tête de liste PRG. En Midi-Pyrénées, les radicaux sont encore bien implantés même si l’échec de Jean-Michel Baylet aux sénatoriales en écorne la prégnance. Dans le cadre d’un accord national programmatique –à l’image des européennes- le PS pourrait se monter magnanime à l’égard d’un partenaire fidèle au Parlement. Outre Jean-Michel Baylet, Sylvia Pinel, la ministre du logement, pourrait prétendre à cette responsabilité.

Saurel sans Moudenc ?


Philippe Saurel, le maire de Montpellier, caresse le rêve d’une liste des maires de villes, hors champ traditionnel des partis. Il a déjà pris des contacts avec différents élus. De sources convergentes, il aurait évoqué le thème avec Jean-Luc Moudenc , le maire de Toulouse. Mais, ce dernier ne devrait pas le suivre dans cette éventuelle aventure. En effet, le maire de Toulouse a décidé de se placer comme le leader de l’UMP dans cette grande région sans toutefois être présent sur la liste. Tout en continuant à maintenir des relations de grande cordialité avec le maire de Montpellier ; comme en atteste sa visite programmée ce vendredi 28 novembre.
Toutefois, Philippe Saurel reste une pièce maîtresse dans le jeu politique politique régional, notamment pour  la gauche. Sans accord avec ce dernier, le Parti socialiste languedocien se trouverait dans une situation délicate. Reste à savoir qui ira à Canossa ou si Philippe Saurel conduira (peu probable) une liste autonome ?

Pour conclure, cette fusion dévoile les faiblesses organiques du Languedoc-Roussillon dont l’irrédentisme risque de se payer cher dans cette dissolution-fusion.

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