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Une Héraultaise condamnée pour avoir menacé de mort la mère d'une victime de Mérah

Nouveau palais de justice de Montpellier - archives / © France 3 LR
Nouveau palais de justice de Montpellier - archives / © France 3 LR

Une jeune adulte a été condamnée, jeudi, à Montpellier, à six mois de prison avec sursis et 2 ans de mise à l'épreuve (SME), pour avoir menacé de mort en 2013, par courriel et SMS, Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohamed Mérah en mars 2012. Elle était alors âgée de 16 ans.

Par Fabrice Dubault avec afp


A l'issue d'une audience à huis clos, le tribunal pour enfants a inscrit notamment dans le SME de la prévenue, âgée de 16 ans au moment des faits, les obligations de suivre une formation professionnelle ainsi qu'un stage de citoyenneté. Elle devra également signaler ses changements d'adresse.

Le tribunal a également infligé à la jeune femme une amende de 400 euros ainsi que le paiement d'un euro de dommages-intérêts aux deux parties civiles et 1000 euros au titre des frais de justice.

"Crains Allah et reprends toi avant que la mort te prenne", "Bientôt l'enfer se remplira de gens comme vous (...) et vous l'aurez bien mérité", avait notamment écrit l'adolescente qui exigeait de Mme Ibn Ziaten qu'elle cesse ses dénonciations des actes de Mohamed Mérah.


Outre ce courriel, elle avait envoyé 32 SMS et passé un appel téléphonique. Elle réclamait le retrait du livre que Mme Ibn Ziaten venait de publier ("Mort pour la France") car "c'est un pur mensonge" et lui avait conseillé d'arrêter de parler de la "mère de Mohamed (Mérah), elle la mieux éduquer que toi sale idiote (sic)".

"C'est un procès ridicule. Elle passe pour une terroriste qu'elle n'est pas. Comme si elle allait partir en Irak ou en Syrie. C'est une gamine qui a arrêté l'école à 16 ans", a déclaré à la presse son avocat, Richard Marcou.

Quasiment trois ans jour pour jour après le meurtre d'Imad Ibn Ziaten, le 11 mars 2012, "j'ai demandé à la présidente qu'il n'y ait pas d'autres Mérah", a expliqué Me Samia Maktouf, avocate de Mme Ibn Ziaten, constatant que la jeune fille qui
"glorifie Mérah" a été "embrigadée dans une secte asociale".

Un suivi qui l'empêche de sortir du territoire pendant 2 ans

L'obligation d'un suivi pendant deux ans par un juge d'application des peines empêche la sortie du territoire, a précisé à l'AFP la procureure de la République Mme Gaëlle Crenne, même si cette interdiction qu'elle avait réclamée dans ses réquisitions n'a pas été prononcée formellement.

"Je salue cette demande du parquet d'interdiction de sortie du territoire", a souligné Me Maktouf, estimant que la justice a un "grand rôle à jouer" contre les départs des jeunes. Et de remarquer à propos de la prévenue: "Elle dit ne pas avoir peur de la mort ni de la prison.".

En hijab noire cachant jusqu'à ses cils, la jeune fille a très peu parlé, selon des avocats présents à l'audience, déplorant que "dans un haut lieu républicain", elle ait pu conserver sa tenue. "Et c'est seulement sous la pression des magistrats qu'elle a fini par s'excuser du bout des lèvres", ont-ils constaté.
"Pourtant, c'est une jeune femme très bien organisée", a constaté Me Maktouf, rappelant que les enquêteurs avaient trouvé lors des perquisitions trois ordinateurs, trois téléphones portables mais aussi une somme en numéraire de 15.991 euros. "Elle n'allait pas acheter une Kalachnikov", a rétorqué vivement Me Marcou.

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