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La mauvaise gestion des munitions au coeur de la première journée du procès des paras de Carcassonne

Cartouches, grenades, explosifs cachés sous une estrade. La question des munitions a monopolisé cette 1ère audience. Plusieurs documents prouveraient que des milliers de munitions, non enregistrées, étaient entreposées sur le site de Carcassonne et pas seulement pour l'entraînement du commando.
Montpellier - Nicolas Vizioz et l'un de ses avocats Jean-Robert Phung - 10 avril 2013.
Montpellier - Nicolas Vizioz et l'un de ses avocats Jean-Robert Phung - 10 avril 2013. © AFP PHOTO / PASCAL GUYOT

Pratique, usage, il y a bel et bien 5.200 cartouches enfermées dans une armoire du groupement de parachutiste qui échappe à toute réglementation. Et on a apprend au fil des débats qu'elles correspondent à une réserve du commando et que tout le monde dans la hiérarchie en connaît l'existence.
Mais il y aussi des dizaines de milliers de cartouches stockées sous une estrade avec des grenades et même des explosifs. Un stock tout aussi illicite apparu le 30 juin 2008 deux jours après la fusillade et transféré rapidement à 8 km de là sans en informer les gendarmes.

Les avocats du sergent Vizioz dévoilent des documents embarrassants pour le 3e RPIMa

Un premier document provient de la gendarmerie nationale et révèle que des munitions supposées "illicites" sont entreposés sur un site, en pleine campagne, gardé par des militaires. Il y avait 3 véhicules. Un camion pour la cartoucherie, un véhicule léger pour les explosifs et une remorque pour les grenades.
Une note rédigée le 3 juillet 2008 détaille l'origine des explosifs, des grenades et de la cartoucherie. Il y a de nombreuses caisses contenant des dizaines de milliers de munitions.

Le deuxième document auquel l'avocat fait référence est daté du 1er octobre 2008, soit plus de deux mois après la visite des enquêteurs.
Il s'agit d'un ordre écrit donné par le lieutenant-colonel Letondot. Ce commandant adjoint du régiment y  indique que les munitions "détenues de façon non réglementaire ont réintégré le bureau munition du 3e RPIMa, pour être reversées à Miramas le 30 septembre 2008".

Extrait des débats en salle d'audience concernant ce stock de munitions "supposées illicites" 
                                   
Montpellier - Nicolas Vizioz et Frédéric Merveilleux du Vignaux - 10 avril 2013
Montpellier - Nicolas Vizioz et Frédéric Merveilleux du Vignaux - 10 avril 2013 © AFP : PASCAL GUYOT
Montpellier - Hugues Bonningues (G), Jean-Baptiste Pothier (C) et Christophe Allard (D), 3 militaires du 3e RPIMa sur le banc des accusés - 10 avril 2013.
Montpellier - Hugues Bonningues (G), Jean-Baptiste Pothier (C) et Christophe Allard (D), 3 militaires du 3e RPIMa sur le banc des accusés - 10 avril 2013. © AFP : Pascal Guyot
Montpellier - Nicolas Vizioz, ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne sur le banc des accusés - 10 avril 2013.
Montpellier - Nicolas Vizioz, ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne sur le banc des accusés - 10 avril 2013. © F3 LR L.Creusot
Montpellier -  Valery Rosala, victime de la fusillade arrive avec son avocat Herve Gerbi - 10 avril 2013.
Montpellier - Valery Rosala, victime de la fusillade arrive avec son avocat Herve Gerbi - 10 avril 2013. © AFP P.Guyot
Julie Gayrard 37 ans et son fils Gabriel, 2 ans et demi au moment des faits, il a subi plusieurs interventions chirurgicales très lourdes - 8 avril 2013.
Julie Gayrard 37 ans et son fils Gabriel, 2 ans et demi au moment des faits, il a subi plusieurs interventions chirurgicales très lourdes - 8 avril 2013. © F3 LR
Montpellier - salle d'audience du tribunal correctionnel militaire - 10 avril 2013.
Montpellier - salle d'audience du tribunal correctionnel militaire - 10 avril 2013. © F3 LR
Montpellier - Capitaine Hugues Bonningues chef des groupements de commando parachutistes du 3e RPIMa sur le banc des accusés - 10 avril 2013.
Montpellier - Capitaine Hugues Bonningues chef des groupements de commando parachutistes du 3e RPIMa sur le banc des accusés - 10 avril 2013. © F3 LR
Montpellier - Colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux. Il quittait ce jour-là son poste de chef de corps du 3e RPIMa - 10 avril 2013.
Montpellier - Colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux. Il quittait ce jour-là son poste de chef de corps du 3e RPIMa - 10 avril 2013. © F3 LR
Montpellier - Hugues Bonningues (G), Jean-Baptiste Pothier (C) et Christophe Allard (D), 3 militaires du 3e RPIMa sur le banc des accusés - 10 avril 2013.
Montpellier - Hugues Bonningues (G), Jean-Baptiste Pothier (C) et Christophe Allard (D), 3 militaires du 3e RPIMa sur le banc des accusés - 10 avril 2013. © F3 LR
Montpellier - Nicolas Vizioz, ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne sur le banc des accusés - 10 avril 2013.
Montpellier - Nicolas Vizioz, ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne sur le banc des accusés - 10 avril 2013. © AFP: Guyot
Montpellier - Nicolas Vizioz, ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne, auteur des tirs qui ont fait 16 blessés, lors de la démonstration militaire - 9 avril 2013.
Montpellier - Nicolas Vizioz, ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne, auteur des tirs qui ont fait 16 blessés, lors de la démonstration militaire - 9 avril 2013. © F3 LR C.Métairon-E.Jubineau - DR France 3 Languedoc-Roussillon
Montpellier - Nicolas Vizioz (à droite), ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne, auteur des tirs qui ont fait 16 blessés, lors de la démonstration militaire et l'un de ses avocats Jean-Robert Phung - 9 avril 2013.
Montpellier - Nicolas Vizioz (à droite), ex-sergent du 3e RPIMa de Carcassonne, auteur des tirs qui ont fait 16 blessés, lors de la démonstration militaire et l'un de ses avocats Jean-Robert Phung - 9 avril 2013. © F3 LR C.Métairon-E.Jubineau - DR France 3 Languedoc-Roussillon
Montpellier - les victimes et leurs familles dans la salle d'audience - 10 avril 2013.
Montpellier - les victimes et leurs familles dans la salle d'audience - 10 avril 2013. © F3 LR

Trois camions de munitions illicites ?

L'avocat du colonel De Vignaux, Alexis Gublin explique que des munitions ont bien été transférées en camion. Dans trois camions, non pas pour le volume, mais pour séparer les types de munitions. Un pour les cartouches, un deuxième pour les explosifs un troisième pour les grenades.
Ce transfert n'avait pas pour but de cacher aux gendarmes l'existence d'un nouveau stock. Il s'agissait de mettre en sécurité les munitions comme l'exige le règlement militaire.

Témoignage d'un ancien militaire de Carcassonne sur la gestion des munitions au 3e RPIMa

Erreur, mauvais référencement, faux documents ?

En cause, une pratique ancienne de conserver des munitions en dépit des règlements et des notes de l'état-major. Des fouilles, organisées à la suite du drame, ont mis en évidence la présence des stocks illicites.
"C'était un volant de munitions pour les exercices et préparer les engagements", font valoir les anciens cadres, prenant l'exemple d'un essai d'armes juste avant de partir en opération.

"Ce n'était pas illicite", affirme Vizioz. Et d'expliquer qu'il était courant de soustraire des munitions après les entraînements, grâce à des faux documents: "Il arrivait qu'on annonce à l'armurier que toutes les munitions avaient été utilisées alors que ce n'était pas le cas".
Selon M. Bonningues, radié des cadres en 2010 et désormais ingénieur civil de la direction de l'armement, "la pratique était institutionnalisée partout" et beaucoup de monde savait. "Cela permettait d'échapper à la lourdeur administrative", confirme le lieutenant Allard. Mais pour MM. Allard et Bonningues, ce stock non officiel n'a rien à voir avec l'accident. "Le chargeur de M. Vizioz contenait déjà des munitions réelles", insistent-ils.

 

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