Mort de Charlotte : le jugement contre le chauffard en question

Maitre Phung, avocat des parents de Charlotte Landais, dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Montpellier
Maitre Phung, avocat des parents de Charlotte Landais, dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Montpellier

Le chauffard qui avait tué le 22 décembre 2012 à Montpellier, Charlotte, une étudiante originaire de Gallician, dans le Gard, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Montpellier à 6 ans de prison ferme. Le parquet avait requis 8 ans, la défense demandait la cour d'assises.

Par Isabelle Bris

Ivresse, drogue, vitesse excessive, conduite sans permis et délit de fuite, l'automobiliste qui percuté et tué l'an dernier la jeune Charlotte a donc été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Montpellier à 6 ans de prison ferme. La famille est sortie en larmes et en silence de la salle d'audience, les parents sont déçus : le tribunal n’a pas retenu leur demande de renvoyer Lhoussain Oulkouch devant une cour d’assises.  

L'homme de 34 ans qui a tué leur fille a pourtant été condamné une peine rarement prononcée pour des délits routiers. Jeudi, lors de son procès, il a bredouillé des excuses "J’ai brisé une famille, je regrette vraiment... J’ai honte de moi, j’ai pas le courage, je peux pas parler", a-t-il murmuré.
La présidente Claudine Laporte lui a remis en mémoire sa nuit d’excès : un pack de douze bières partagées avec son ami Mustapha Bouchane, trois vodkas avalées devant un bar, une bouteille de whisky vidée dans une discothèque. L’expert a estimé qu’il avait entre 2,5 et 4 grammes d’alcool par litre de sang. S'il conteste avoir pris de la cocaïne - pourtant révélée par les analyses - Lhoussain Oulkouch a admis avoir "fumé un joint avant le début de la soirée". Il affirmer ne pas s’être aperçu avoir perdu tous les points de son permis.
Midilibre.fr raconte encore le film de cette soirée fatale : dans la discothèque, ivre mort, il est sorti une première fois par un videur, qui le laisse pourtant rentrer à nouveau. Un peu plus tard, il est ramassé inconscient dans la boue devant son véhicule. C’est finalement Mustapha Bouchane qui prend le volant jusqu’à son propre domicile, avant de le rendre à Oulkouch. "Il le laisse partir comme il veut, quand il veut et écraser qui il veut ! Bouchane est aussi coupable de la mort de Charlotte", tempête Maitre Phung, avocat partie civile.
Le prévenu, après avoir percuté et envoyé la victime, étudiante en pharmacie qui venait de quitter le taxi qui la ramenait à sa cité universitaire, à plus de douze mètres de l’impact, a continué sa route. Comme si de rien n’était. "Je roulais à 70-80 km/h, je l’ai pas vue... Je suis rentré chez moi, j’ai eu peur de penser à ça", se défend-il.
"Et vous avez mené les policiers en bateau !" rappelle la présidente, allusion à cet alibi bidon d’une nuit passée à jouer au poker. L'homme mettra un mois avant d’assumer et d’avouer.
"Ce n’est pas un trafiquant, ni un voleur de sac, mais quelqu’un d’immature qui avait des problèmes d’alcool. Ne soyez pas dans la démesure et dans une peine criminelle", a demandé Maitre Malgras, avocat défense. Il a été, en partie, entendu par le tribunal.

Les parents de Charlotte ont décidé de faire appel de ce jugement. Ils veulent continuer le combat pour criminaliser ce type de délit, pour que des gens comme le meurtrier de leur fille soient traduits en cour d'assises. 
Vendredi soir, Maître Phung est l'invité de notre journal régional. Il expliquera, comme il l'a plaidé à l'audience la veille, pourquoi ce genre d'homicide doit être considéré comme volontaire, pourquoi il faut changer la loi.

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