Accident de car mortel sur l'A61 dans l'Aude : comment s'organisent les cellules psychologiques ?

La cellule d'urgence médico-psychologique prend en charge les victimes de catastrophes, d'accidents et d'attentats / © Brian Bock/FTV
La cellule d'urgence médico-psychologique prend en charge les victimes de catastrophes, d'accidents et d'attentats / © Brian Bock/FTV

Après avoir vécu un accident important comme celui de Bizanet dans l'Aude, comment s'organise l'aide psychologique proposée aux victimes et témoins ? Pour en savoir plus, nous avons rencontré le médecin responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique du CHU de Montpellier.

Par Brian Bock

Comme des pompiers de l’esprit, après chaque catastrophe naturelle, chaque attentat, ou chaque accident qui implique un nombre important de personnes, les cellules d’urgence médico-psychologique sont déclenchées par le SAMU ou la préfecture.
Dans tous les départements, ces cellules opérationnelles mettent à disposition des autorités un numéro d’astreinte joignable 24h/24.

Ce fut le cas ce dimanche, pour l'accident mortel sur l'A.61 à Bizanet, dans l'Aude. Un drame qui a fait un mort, un blessé grave et 16 blessés légers.


Des équipes composées uniquement de volontaires

À Montpellier, la cellule d’urgence médico-psychologique dépend du service de psychiatrie de l’hôpital Lapeyronie. Elle est composée de médecins psychiatres, de psychologues et d’infirmiers spécialisés.
"Ce sont uniquement des volontaires qui peuvent être appelés à n’importe quel moment sur leur temps de travail ou leur temps personnel" comme l'explique Matthieu Fraigneau, médecin psychiatre, responsable de la cellule d’urgence médico-psychologique.
 

Il faut trouver une équipe qui soit disponible pour se déplacer sur l’évènement explique le Dr Matthieu Fraigneau.


Après avoir été appelé par la préfecture ou le SAMU, la personne d’astreinte décide s’il faut intervenir directement ou intervenir à distance. Suivant l’importance de l’évènement, les professionnels peuvent intervenir en renfort.
Par exemple à Millas, en décembre 2017, l’équipe de Montpellier s’est déplacée à Perpignan. Lors de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, des équipes sont venues de toute la France pour prêter main forte au personnel déjà sur place.
 

Notre rôle est de nous coordonner avec les intervenants sur place de manière à avoir un endroit calme pour accueillir les victimes. On n’oblige jamais les personnes à parler. Dr Matthieu Fraigneau.


Des thérapies d’urgence

Les volontaires de cette équipe d’intervention sont spécialement formés aux situations d’urgence. Ils pratiquent des thérapies d’intervention d’urgence psychologique. 
"On va faire avec le vécu de la personne : comment elle a vécu les choses au niveau émotionnel. On se fiche de ce qui est la réalité ou pas" selon le Dr Matthieu Fraigneau.

On va essayer de faire atterrir la victime.

 


Lorsque les victimes subissent des évènements traumatisants, même sans blessures physiques, des troubles psychiatriques peuvent se développer quelques semaines voir quelques mois après.

"Les personnes qui présentent des symptômes spécifiques suite à un évènement, ont plus de risque de développer des troubles de stress post-traumatique comme des troubles anxieux, une dépression, ou des addictions". 
 


Une mission éprouvante pour les volontaires

Pour se préserver, les volontaires des cellules d’urgence médico-psychologique interviennent lorsque l’urgence vitale est passée. Face à des situations exceptionnelles de drame, ils sont eux-même suivis par d’autres professionnels et des débriefings sont organisés régulièrement.
 

Histoire et organisation des cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP)

Le dispositif d’urgence médico-psychologique a été constitué dans les suites de l’attentat du 25 juillet 1995 de la station RER Saint-Michel, afin d’assurer la prise en charge des victimes confrontées à un événement psycho-traumatisant.

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