Affaire Coralie Dubost : la députée LREM de l'Hérault se met en retrait de la vie politique pour se consacrer à sa famille

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Quelques jours après les révélations sur l'utilisation dispendieuse de ses avances de frais de mandat de députée et sur la gestion de ses collaborateurs, Coralie Dubost jette l'éponge. La Montpelliéraine ne sera pas candidate aux Législatives de juin. Elle laisse sa place libre dans la 3e circonscription de l'Hérault.

C'est par un tweet publié sur son compte vers 17h20, ce dimanche, que la députée La République en marche a mis fin au suspens sur son avenir en politique après les révélations de Médiapart.

Coralie Dubost a décidé de se mettre en retrait de la vie politique et de se consacrer à sa famille. Elle ne sera donc pas candidate à sa réélection en juin prochain.

Dans ce tweet document, elle explique son choix.

Depuis quelques jours, ma personne est visée par des attaques injustes qui desservent mon groupe politique, les échéances électorales et plus globalement la démocratie.

Coralie Dubost, députée LREM sortante de la 3e circonscription de l'Hérault.

"Je refuse d'être l'instrument d'une cabale antiparlementaire, de la même façon que je refuse de me prêter à un ping-pong de justifications qui confinent à un lynchage fantasmagorique", ajoute la députée.

Et elle précise : "Rester fidèle à mes valeurs, c'est aujourd'hui protéger l'enfant que je porte de toutes les vicissitudes de l'exposition et de la vie politique. Aussi est venu pour moi le temps de me mettre en retrait de la vie politique".

Elle termine son courrier par une longue liste de remerciements allant de ces collaborateurs, aux militants en passant par son compagnon, sa famille ou encore Emmanuel Macron et Richard Ferrand.

Un coup dur pour LREM dans l'Hérault

Pour Jérôme Toulza, référent LREM dans l'Hérault, qui a appris la nouvelle en lisant le tweet, la rapide décision de Coralie Dubost est logique à cause de sa situation, même s'il ne veut pas commenter l'affaire sur le fond. Mais c'est aussi une surprise car selon lui, c'est une battante.

Dès ce lundi, nous allons nous mettre au travail pour trouver une solution au retrait de Coralie. Nous avons des talents locaux. Je veux saluer son travail et son implication envers le territoire et notre parti depuis 5 ans. C'est une bosseuse.

Jérôme Toulza, référent LREM Hérault.

L'autre équation difficile à résoudre pour le parti d'Emmanuel Macron, c'est la parité des candidatures, notamment en position éligible, ce qui est le cas de la 3e circonscription de l'Hérault.

L'étoile montante des députés LREM

Coralie Dubost, 39 ans, est députée LREM de la 3e circonscription de l'Hérault depuis 2017. Elue avec 60,4% des voix au second tour, la Montpelliéraine est également co-présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Il y a encore quelques jours, sa candidature à sa succession parlementaire pour les élections législatives de juin ne faisait aucun doute. Elle était même favorite. D'ailleurs, au premier tour de la Présidentielle, le 10 avril dernier, sa circonscription était la seule de l'Hérault à avoir placé Emmanuel Macron en tête.

Les révélations de Médiapart

C'est un article du site Médiapart, intitulé "Les mirobolantes notes de frais de la députée Coralie Dubost" qui a lancé l'affaire vendredi dernier.

Selon un rapport d'un cabinet de ressources humaines transmis au printemps 2021 au déontologue de l'Assemblée nationale, des ex-collaborateurs de Coralie Dubost lui reprochent de leur avoir imposé "des tâches relevant de la sphère personnelle", des propos et comportements "dévalorisants" mais aussi un "conflit de valeurs" ou "éthique" en particulier sur l'utilisation de ses avances de frais de mandats.

Il est notamment question de "dépenses vestimentaires mensuelles selon une fourchette allant de 1.500 à 2.000 euros" ou "de frais de restaurants très importants", expose le rapport.

A Mediapart, Coralie Dubost, qui comme chaque député, dispose d'une avance de frais de mandat de 5.373 euros mensuels qui s'ajoute à la rémunération des élus, a indiqué avoir procédé à des remboursements de frais jugés non-liés à l'exercice du mandat de député, après un contrôle de la déontologue de l'Assemblée nationale pour les années 2018 et 2019.